‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 329 sur 593 · SCÈNE I. — PSYCHÉ, seule · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — PSYCHÉ, seule

Effroyables replis des ondes infernales.

Noirs palais où Mégère et scs sœurs font leur rour, Eternels ennemis du jour.

Parmi vos Ixions et parmi vos T'antalcs,

Parmi tant de tourments qui n’ont point d'inlervalles , Est-il, dans votre affreux séjour,

Quel(|ucs peines qui soient égales •■Xiix travaux où Vénus condamne mon amour?

Elle n’en j)eut être assouvie;

El, de|)uis (|u’a ses lois je me trouve asservie,

Deimis (|u elle me livre à ses rcss(‘nlimenls ,

PSYCflÉ.

Il ni n fallu, dans ccs cruels moments,

Plus d’une ame et plus d’une vie Pour remplir ses commandements.

■le souffrirois tout avec joie,

Si parmi les rigueurs que sa haine déploie.

Mes yeux pouvoient revoir, ne fût-ce qu’un moment, Ce cher, cet adorable amant'.

Je n’ose le nommer; ma bouche, criminelle D’avoir trop exigé de lui,

S’en est rendue indigne; et, dans ce dur ennui,

La souffrance la plus morlelle Dont m accable a toute heure un renaissant trépas. Est celle de ne le voir pas.

Si son courroux duroit encore ,

Jamais aucun malheur n’approeberoit du mien ;

Mais, s’il avoit pitié d’une ame qui l’adore.

Quoi qu il fallût souffrir, je ne souffrirois rien.

Oui, Destins, s’il calmoit cette juste colère.

Tous mes malheurs seroient finis :

Pour me rendre insensible aux fureurs de la mère ,

11 ne faut qu’un regard du fils.

Je n’en veux plus douter, il partage ma peine.

Il voit ce que je souffre, et souffre comme moi.

Tout ce que j’endure le gène ;

Lui-même il s’en impose une amoureuse loi.

En dépit de Vénus, en dépit de mon crime,

C est lui qui me soutient, c’est lui qui me ranime Au milieu des périls où l’on me fait courir;

Il garde la tendresse où son feu le convie,

Et prend soin de me rendre une nouvelle vie Chaque fois qu’il me faut mourir.

Mais que me veulent ces deux ombres Qu’à Irai ers le faux jour de ces <lemcures sombres J’enlicvois s’avancer vers moi?

SCÈA’E II. t'SVCllli, CLÉOMÈNE, AGÉ.NOIL psYf.m:.

Cléomène, Agénor, esl-ce vous que je voi?

Qui vous a ravi la lumière?

‘ Vas. Go cher olytt, cc( odorabic omanU

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