‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 352 sur 593 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

main. Laissez-le-moi finir on deux mots', (a Scapin.) Son cœur prend feu dès ce moment ; it ne saurait plus vivre qu’il n’aille consoler son aimable affligée. Ses fréquentes visites sont rejetées de la servante, devenue la gouvernante par le trépas de la mère. Voilà mon homme au désespoir; il presse , supplie , conjure : point d’affaire. On lui dit que la fille, quoique sans bien et sans appui, est de famille honnête, et qu’à moins que de l’épouser, on ne peut souffrir ses poursuites. Voilà son amour augmenté par les difficultés. Il consulte dans sa tête, agite, raisonne, balance, prend sa résolution : le voilà marié avec elle depuis trois jours.

SCAPIN

J’entends.

SYLVESTRE

Maintenant, mets avec cela le retour imprévu du père, qu’on n’attendoit que dans deux mois; la découverte que l’oncle a faite du secret de notre mariage, et l’autre mariage qu’on veut faire de lui avec la fille que le seigneur Gérante a eue d’une seconde femme qu’on dit qu’il a épousée à Tarente.

OCTAVE

Et, par-dessus tout cela, mets encore l’indigence où se trouve cette aimable personne , et l’impuissance où je me vois d’avoir de quoi la secourir.

SC.\P1N

Est-ce là tout? Vous voilà bien embarrassés tous deux pour une bagatelle! c’est bien là de quoi se tant alarmer! N’as-tu point de honte, toi , de demeurer court à si peu de chose? Que diable! te voilà grand et gros comme père et mère, et tu ne saurais trouver dans ta tète, forger dans ton esprit quelque ruse galante, quelque honnête petit stratagème pour ajuster vos affaires! Fi! peste soit du butor! Je youdrois bien que l’on m’eût donné autrefois nos vieillards à duper; je les aurois joués tous deux par-dessous la jambe : et je n’étois pas plus grand que cela, que je me s'ignalois déjà par cent tours d’adresse jolis.

• Ce irait est emprunlé à Rotrou, dans la Sœur. Comme ici le valet dil au mal Ire ;

Si de ce long récit vous n'alircgez le cours Le jour achèvera plus tôt que ce discours. ’

Laissez-moi le linir avec une parole.

LES FOURBERIES DE SCAPIN

SYLVESTRE

J’avoue que le ciel ne m’a pas donné les talents , et que je n’ai pas l’esprit, comme toi, de me brouiller avec la justice.

OCTAVE

Voici mon aimable Hyacinte.

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