‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 364 sur 593 · SCÈNE III. - GÉRONTE, LÉANDRE · texte numérisé non relu

SCÈNE III. - GÉRONTE, LÉANDRE

GÉRONTE

Ah ! VOUS voilà !

LEANDRËj courQnt à Géroiilo, pour l'embrasser.

Ah ! mon père, que j’ai de joie de vous voir de retour! GERONTE, refusant d’embrasser Léaudre.

Doucement. Parlons un peu d’affaire.

LÉANDRE

Souffrez que je vous embrasse, et que...

GÉRONTE , le repoussant encore.

Doucement, vous dis-je.

LÉANDRE

Quoi! vous me refusez, mon père, de vous exprimer mon transport par mes embrassements?

GÉRONTE

Oui. Nous avons quelque chose à démêler ensemble,

LÉANDRE

Et quoi?

Tenez-vous, que je vous voie en face.

LÉANDRE

Comment?

GÉRONTE

Regardez-moi entre deux yeux,

, LÉANDRE

Ile bieni

LES FOURBEIUES DE SCAPIN

GIÎRONTE.

Qu’est-ce doue qu’il s’est passé ici?

LÉANDRE

Ce qui s’est passé?

GÉRONTE

Oui. Qu’avez-vous fait pendant mon absence?

LÉANDRE

Que voulez-vous, mon père, que j’aie fait?

GÉRONTE

Ce n’est pas moi qui veux que vous ayez fait, mais qui demande ce que c’est que vous avez fait.

LÉANDRE

Moi? Je n’ai fait aucune chose dont vous ayez lieu de vous plaindre.

GÉRONTE

Aucune chose?

LÉANDRE

Non.

GÉRONTE

Vous êtes bien résolu !

LÉANDRE

C’est que je suis sûr de mon innocence.

GÉRONTE

Scapin pourtant m’a dit de vos nouvelles.

' LÉANDRE

Scapin?

GÉRONTE

Ah ! ah ! ce mot vous fait rougir.

LÉANDRE

Il vous a dit quelque chose de moi?

GÉRONTE

Ce lieu n’est pas tout à fait propre à vider cette affaire, et nous allons l’examiner ailleurs. Qu’on se rende au logis; j’y vais revenir tout à l’heure. Ah ! traître, s il faut que lu me déshonores, je le renonce pour mon fils, et tu poux bien, pour jamais, le résoudre à fuir de ma présence.

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