SCÈNE X. - ARGANÏE , SCAPItN
SCAPI.N.
Hé bien, vous voyez combien de personnes tuées pour eux ccnls pistoles. Or sus, je vous souhaite unie bonne fortune.
LES FOURBERIES DE SCAPIN
ARGANTE, loul Ircmblant.
Scapiu.
SCAPIN
Plaît-il?
ARCANÏE.
•Te me résous à donner les deux cents pistolcs.
SCAPIN
J’en suis ravi pour l’amour de vous.
ARGAKTE.
Allons le trouver; je les ai sur moi.
SCAPIN
Vous n’avez qu’à me les donner. 11 ne faut pas, pour votre honneur, que vous paroissiez là, après avoir passe ici pour autre que ce que vous êtes; et, de plus, je craindrois qu’en vous faisant connoitre il n’allât s’aviser de vous demander davantage.
AllGANTE.
Oui ; mais j’aurois été bien aise de voir comme je donne mon argent.
SCAPIN
Est-ce que vous vous défiez de moi?
AUGANTE.
Non pas; mais...
SCAPIN
Parbleu ! monsieur, je suis un fourbe, ou je suis honnête homme ; c’est l’ùn des deux. Est-ce que je voudrois vous tromper , et que , dans tout ceci , j’ai d’autre intérêt que le vôtre et celui de mon maître, à qui vous voulez vous allier? Si je vous suis suspect, je ue me mêle plus de rien, et vous n’avez qu’à chercher dés celte heure qui accommodera vos affaires.
ARGANTE
Tiens donc.
SCAPJN.
Non, monsieur, ne me confiez point votre argent. Je serai bien aise que vous vous serviez de ([uclque autre*.
' Ou irouvc dans Plante une scciiQ presque semblable à celle de Scapiii. Molière lui a cniprnnté le relus si naiurel oui adroit de Scapin ; mais il a eu soin de motiver ce refus par la dèliaiice du vieillard, ce que ii'avait pas fait le poète latin: « Prends cet argent, Clirvsale, et va le porter à imiu lils. — Je ne le prendrai point, monsieur ; cbargea un autre de cette coiimiissiou ; je ne vena pas qu’on me