‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 376 sur 593 · ACTE H, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE X

SYLVESTUK, sccouaiil riidomcnt la main d'Arganle.

Touchez là , touchez. Je vous donne ma parole, et vous jure sur mon honneur, par l’épée que je porte, par tous les serments que je saurois faire, qu’avant la fin du jour je vous déferai de ce maraud fieffé, de ce faquin d’Ai'ganle. Reposez-vous sur moi.

SCAl'IN.

■Monsieur, les violences en ce pays ne sont guère souffertes,

SYLVESTRE

Je me moque de tout, et je n’ai rien à perdre.

SCAPIN

Il se tiendra sur ses gardes, assurément; il a des parents, des amis et des domestiques, dont il se fera un secours contre votre ressentiment.

SYI.VESTRE,

C’est ce que je demande, morbleu! c’est ce que je demande. (Mettant l'ëpée à la main.) Ah, tête! ail, vcnlre! Que noie trouvé-je à cette heure avec tout son secours! Que ne paroît-il à mes yeux au milieu de trente personnes! Que ne tes vois-je fondre sur moi les armes à la main ! (Se mettant eu garde.) Comment! marauds, 'vous avez la hardiesse de vous attaquer à moi ! Allons, morbleu, tue ! (Poussant de tous les côtes, coœroe s'il avoit plusieurs personnes à coml/atire.) Point de qtiartiei'.

Donnons. Ferme. Poussons. Bon pied, bon œil. Ah! coquins! ah! canaille! vous en voulez par là! je vous en ferai tâter votre soûl. Soutenez, marauds; soutenez. Allons. A cette botte. A cette autre. (Se tournant du côté d’Arsantc et de Scapin.) A celle-ci. A celle-là. Comment, vous reculez! Pied ferme, morbleu ; pied ferme !

SCAPIN

Hé, hé, hé! monsieur, nous n’en sommes pas.

SYLVI'STRE.

Voilà qui vous apprendra à vous oser jouer à moi.

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