‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 392 sur 593 · AG · texte numérisé non relu

AG

LES EOÜHBEIUES DE SCAPIN

qu’on \iciiL de faire, le plus plaisant qu’on puisse entendre. Je ne sais pas si c’est pareeque je suis intéressée dans la chose; mais je n’ai jamais troiné rien de si dréle qu’un tour qui vient d’être joué par un fils à sou père pour en attraper de l’argent.

(iÉKONTE.

Par un fils à son père, pour en attraper de l’argent?

Zi;ni5INETTE.

Oui. Pour peu' que vous me pressiez, vous nie trouverez assez disposée à vous dire l’affaire; et j’ai une démangeaison naturelle à faire part des contes que je sais.

CÉRONTE.

Je vous prie de me dire cette histoire.

ZEUBINETTE.

Je le veux bien. Je ne risquerai pas grand’ chose à vous la dire, et c'est une aventure qui n’est pas pour être longtemps secrète. La destinée a voulu que je me trouvasse parmi une bande de ces personnes qu’on appelle Égyptiens, et qui, rôdant de province en province, se mêlent de dire la bonne fortune , et quelquefois de beaucoup d’autres choses. Eu arrivant dans cette ville , un jeune homme me vit et conçut pour moi de l’amour. Dès ce moment , il s’attache à mes pas ; et le voilà d’aboid comme tous les jeunes gens , qui croient qu’il n’y a qu’à parler, et qu’au moindre mot qu’ils nous disent, leurs affaires sont faites; mais il trouva uue fierté qui lui fit un peu corriger ses premières pensées. Il fit connoître sa passion aux gens qui me lenoient, et il les trouva disposés à me laisser à lui moyennant quelque somme. Mais le mal de l’affaire ctoit que mon amant se trouvoit dans l’étal où l’on voit très souvent la plupart des fils de famille, c’est-à-dire qu’il étoit un peu dénué d’argent. Il a un père qui, quoique riche, est un avaricieux fieffé, le plus vilain homme du monde. Attendez. Ne me saurois-je souvenir de son nom? Haie. Aidez-moi un peu. Ne pouvezvous me nommer quelqu’un de cette ville qui soit connu pour être avare au dernier point?

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