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LES EOÜHBEIUES DE SCAPIN
qu’on \iciiL de faire, le plus plaisant qu’on puisse entendre. Je ne sais pas si c’est pareeque je suis intéressée dans la chose; mais je n’ai jamais troiné rien de si dréle qu’un tour qui vient d’être joué par un fils à sou père pour en attraper de l’argent.
(iÉKONTE.
Par un fils à son père, pour en attraper de l’argent?
Zi;ni5INETTE.
Oui. Pour peu' que vous me pressiez, vous nie trouverez assez disposée à vous dire l’affaire; et j’ai une démangeaison naturelle à faire part des contes que je sais.
CÉRONTE.
Je vous prie de me dire cette histoire.
ZEUBINETTE.
Je le veux bien. Je ne risquerai pas grand’ chose à vous la dire, et c'est une aventure qui n’est pas pour être longtemps secrète. La destinée a voulu que je me trouvasse parmi une bande de ces personnes qu’on appelle Égyptiens, et qui, rôdant de province en province, se mêlent de dire la bonne fortune , et quelquefois de beaucoup d’autres choses. Eu arrivant dans cette ville , un jeune homme me vit et conçut pour moi de l’amour. Dès ce moment , il s’attache à mes pas ; et le voilà d’aboid comme tous les jeunes gens , qui croient qu’il n’y a qu’à parler, et qu’au moindre mot qu’ils nous disent, leurs affaires sont faites; mais il trouva uue fierté qui lui fit un peu corriger ses premières pensées. Il fit connoître sa passion aux gens qui me lenoient, et il les trouva disposés à me laisser à lui moyennant quelque somme. Mais le mal de l’affaire ctoit que mon amant se trouvoit dans l’étal où l’on voit très souvent la plupart des fils de famille, c’est-à-dire qu’il étoit un peu dénué d’argent. Il a un père qui, quoique riche, est un avaricieux fieffé, le plus vilain homme du monde. Attendez. Ne me saurois-je souvenir de son nom? Haie. Aidez-moi un peu. Ne pouvezvous me nommer quelqu’un de cette ville qui soit connu pour être avare au dernier point?