‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 393 sur 593 · ACTE ni, SCENIC III. -ÎC · texte numérisé non relu

ACTE ni, SCENIC III. -ÎC

ic l’ai ii’OUYÔ : c’est ce ladie-là que je dis. Pour venir à notre conte, nos gens ont voulu aujourd’hui partir de cette ullc; et mon amant m’alloit perdre, faute d’argent, si, pour en tirer de son père, il n’avoit trouve du secours dans l’industrie d’un serviteur qu’il a. Pour le nom du serviteur, je le sais à merveille. 11 s’appelle Scapin ; c’est un homme incomparable, et il mérite toutes les louanges qu’on pciit donner.

CÉROUTE, à pan.

Ah ! coquin que tu es !

ZEUBINETTE.

Voici le stratagème dont il s’est servi pour attraper sa dupe. Ah, ah, ah, ah. Je ne saurois m’en souvenir, que je ne rie de tout mon cœur. Ah, ah, ah. 11 est allé trouver ce chien d’avare... ah, ah, ah; et lui a dit qu’en se promenant sur le port avec son fils, hi, hi. ils avoient vu une galère turque, où on les avoit invités d’entrer; qu’un jeune Turc leur y avoit donné la collation, ah; que, tandis qu’ils mangeo’ient, on avoit mis la galère en mer, et que le Turc l’avoit renvoyé lui seul à terre dans un esquif, avec ordre de dire au père de son maître qu’il emmenoit son fils eir Alger, s’il nè lui envoyoit tout à l’heure cinq cents écus. Ah, ah, ah. Voilà mon ladre, mom vilain dans de furieuses angoisses ; et la tendresse qu’il a pour son fils fait un combat étrange avec son avarice. Cinq cents écus qu’on lui demande sont justement cinq cents coups de poignard qu’on lui donne. Ah, ah , ah. Il no peut se résoudre à tirer celle somme de scs entrailles; et la peine qu’il souffre lui fait trouver cent moyens ridicules pour ravoir son fils. Ah, ah, ah ! Il veut envoyer la justice en mer après la galère du Turc. Ah, ah, ah! Il sollicite son valet de s’aller offrir à tenir la place de son fils, jusqu’à ce qu’il ait amassé l’argent qu’il n’a pas envie de donner. Ah, ah, ah. Il abandonne, pour faire les cinq cents écus, quatre ou cinq vieux habits qui n’en valent pas trente. Ah, ah, ah. Le valet lui fait comprendre à tous coups l’impertinence de ses propositionset chaque réllexion est douloureusement accompagnée d’un : Mais que diable alloit-il faire à cette galère? Ah! maudite g.dèie! Iraîli-e de Turc! Lutin, après plusieurs détours, après avoir longtemps gémi et soupiré... Mais il me semble que vous ne riez point de mon conte; qu’en dites-vous?

LES FOURBERIES DE SCAPIN

ci'rontl:.

Je dis que le jeune homme est un pendard , un insolent , qui sera puni par son père du tour qu’il lui a fait ; que l’Égyptienne est une malavisée, une impertinente, de dire des injures à un homme d’honneur, qui saura lui appiendre à venir ici débaucher les enfants de famille ; et que le valet est un scélérat, qui sera par Géronte envoyé au gibet avant qu’il soit demain.

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