SCÈNE VI. — LA COMTESSE, JULIE, ANDRÉE, CRIQUET
CRIQUET
Plaît-il?
LA COMTESSE
Où étiez-vous donc, petit coquin ?
CRIQUET
Dans la rue, madame.
LA COMTESSE
Et pourquoi dans la rue?
CRIQUET
Vous m’avez dit d’aller là dehors.
LA COMTESSE
Vous êtes un petit impertinent, mon ami; et vous devez savoir que là dehors , en termes de personnes de qualité , veut dire l’antichambre. Andrée, ayez soin tantôt défaire donner le fouet à ce petit fripon-là par mon écuyer; c’est un petit incorrigible.
ANDRÉE
Qu est-ce que c’est, madame, que votre écuyer? Est-ce maître Charles que vous appelez comme cela^
LA COMTESSE D'ESCARBAGNAS
tA COMTESSE.
Taisez-vous, sotte que vous êtes : vous ne sauriez ouvrir la bouche que vous ne disiez une impertinence, (a criquet.) Des siéqes. (a Andrée.) Et vous, allumez deux bougies dans mes flambeaux d’argent : il se fait déjà tard. Qu’est-ce que c’est donc, que vous me regardez tout effarée?
ANDRÉE
Madame...
LA COMTESSE
Eh bien! madame. Qu’y a-t-il?
ANDRÉE
C’est que...
LA COMTESSE
Quoi?
ANDRÉE
C’est que je n’ai point de bougie.
LA COMTESSE
Comment! Vous n’en avez point?
ANDRÉE
Non, madame, si ce n’est des bougies de suif.
LA COMTESSE
La bouvière ! El où est donc la cire que je fis acheter ces jours passés?
.fe n’en ai point vu depuis que je suis céans.
LA COMTESSE
Otez-vous de là, insolente. Je vous ronvoierai chez vos parents. Apportez-moi un verre d’eau.
SCÈNE VIL — LA COMTESSE et JULIE, faisant de* cérémonie pour s'asseoir.
Madame!
Madame !
Ah! madame!
Ah! madame!
Mon Dieu ! madame
LA COMTESSE
JULIE
LA COMTESSE
JULIE
LA COMTESSE