ACTE 1, SCÈNE IF
Ainsi, n’ayant au cœur nul dessein pour Clilandre,
Que vous importe-t-il qu’on y puisse prétendre?
ARMANDE
Cet empire que tient la raison sur les sens Ne fait pas renoncer aux douceurs des encens;
El l’on peut pour époux refuser un mérite Que pour adorateur on veut bien à sa suite.
HENRIETTE
Je n’ai pas empêché qu’à vos perfections II n’ait continué ses adorations ;
Et je n’ai fait que prendre, au refus de votre ame.
Ce qu’est venu m’offrir l’hommage de sa flamme.
ARMANDE
Mais à l’offré des vœux d’un amant dépité Trouvez-vous, je vous prie, entière sûreté?
Croyez-vous pour vos yeux sa passion bien forte ,
Et qu’en son cœur pour moi foute flamme soit morte?
HENRIETTE
11 me l’a dit, ma sœur; et, pour moi, je le croi.
Ne soyez pas, ma sœur, d’une si bonne foi;
Et croyez, quand il dit qu’il me quitte et vous aime. Qu’il n’y songe pas bien, et se trompe lui-même.
HENRIETTE
Je ne sais ; mais enfin, si e’est votre plaisir,
Il nous est bien aisé de nous en éclaircir :
Je l’aperçois qui vient; et, sur cette matière.
Il pourra nous donner une pleine lumière.