‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 433 sur 593 · SCÈNE III. - CLITANDRE, HENRIETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE III. - CLITANDRE, HENRIETTE

HENRIETTE

Votre sincère aveu ne l’a pas peu surprise.

CLITANDRE

Elle mérite assez une telle franchise;

Et toutes les hauteurs de sa folle fierté Sont dignes, tout au moins, de ma sincérité.

Mais, puisqu’il m’est permis, je vais à votre père, Madame...

HENRIETTE

Le plus sûr est de gagner ma mère.

Mon père est d’une humeur à consentir à tout ;

Mais il met peu de poids aux choses qu’il résout;

Il a reçu du ciel certaine honte d’ame

Qui le soumèt d’abord k ce que veut sa femme.

C’est elle qui gouverne, et, d’un ton absolu.

Elle dicte pour loi ce qu’elle a résolu.

.le voudrois bien vous voir pour elle et pqiir ma tante Une ame, je l’avoue, un peu plus complaisante,

Un esprit qui , flattant les visions du leur,

Vous pût de leur estime .attirer la chaleur.

CLITANDRE

Mon cœur n’a jamais pu, tant il est né sincère. Même dans voire sœur flatter leur caractère ;

Et les femmes docteurs ne sont point de mon goûl.

Je consens qu’une femme ait de.s clarlés de tout ; Mais je ne lui veux point la passion choquante De SC rendre savanlt' alln d’èlro savante;

Et j’aime que souvent, aux questions qu’on fait ,

Elle sache ignorer les choses qu elle sait ;

De son élude enfin je veux qu’elle se radie ;

El qu’elle ait «lu savoir sans vouloir qu’on le sache.

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