SCÈNE VI. - TRISSOTIN, PHILAMINTE, ARMANDE, BÉLISE, HENRIETTE
TRISSOTIN
A mon emportement ne donnez aucun blâme ;
C’est votre jugement que je défends, madame.
Dans le sonnet qu’il a l’audace d’attaquer.
P1I1L.AM1NTE.
A vous remettre bien je me veux appliquer;
.Mais parlons d’autre affaire. Approchez, Henriette;
Depuis assez longtemps mon ame s’inquiète De ce qu’aucun esprit en vous ne se fait voir ;
Mais je trouve un moyen dè vous en faire avoir.
HENRIETTE
C’est prendre un soin pour moi qui n’est pas nécessaire : Les doctes entretiens ne sont point mon affaire;
J’aime à vivre aisément; et, dans tout ce qu’on dit,
II faut se trop peiner pour avoir de l’esprit;
C’est une ambition que je n’ai point en tête.
' Une scène semlilablo à celle de Trissotin cl de Vadiiis avait eu lieu entre Ménage et Colin, chez Madesioiseu.k, lillc de Gaston de Fr.incc. Le sujet de la dispute avait été précisément le Sonnet à mademoitcUe de LongueriiU, intitule par Hiilière : Sonnet à la princesse Uranie. En cette parlie de la pièce, Hohérc, dit un contemporain, ne lit ijuc rimer agréablement les douceurs que les deux poètes le dirent l'un à l'autre.