‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 467 sur 593 · SCÈNE I. — PHILAMINTE, ARMANDE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — PHILAMINTE, ARMANDE

ARMANDE

Oui, rien n’a retenu son esprit en balance;

Elle a fait vanité de son obéissance;

Son cœur, pour se livrer, à peine devant moi S’est-il donné le temps d’en recevoir la loi,

Et seinbloit suivre moins les volontés d’un’père Qu’affecter de braver les ordres d’une mère.

LES FEMMES SAVANTES

PHTLAMINTE.

Je lui montrerai bien aux lois de qui des deux Les droits de la raison soumettent tous ses vœux ,

Et qui doit gouverner, ou sa mère ou son père,

Ou l’esprit ou le corps , la forme ou la matière.

AUMANDE.

On vous en devoit bien , au moins, un compliment;

Et ce petit monsieur en use étrangement De vouloir, malgré vous, devenir votre gendre.

PHII.AMINTE.

Il n’en est pas encore où son cœur peut prétendre.

Je le trouvois bien fait , et j’aimois vos amours ;

Mais, dans ses procédés, il m’a déplu toujours.

Il sait que, Dieu merci, je me mêle d’écrire;

Et jamais il ne m’a prié de lui rien lire.

SCÈNE II. — CLIT.ANDRE , entrant doucement, et éconlanl aana w montrer; ARMANDE, PHIL.\M1NTE.

ARMANDE

Je ne souffrirois point , si j’étois que de vous ,

Qtie jamais d’Henriette il pût être l’époux.

On me feroit grand tort d’avoir quelque pensée Que là-dessus je parle en fille intéressée ;

Et que le lâche tour que l’on voit qu’il me fait Jette au fond de mon cœur quelque dépit secret.

Contre de pareils coups famé se fortifie Du solide secours de la philosophie,

Et par elle on se peut mettre au-dessus de tout;

Mais vous traiter ainsi, c’est vous pousser à bout.

Il est de votre honneur d’être à ses vœux contraire;

Et c’est un homme enfin qui ne doit point vous plaire, .lamais je n’ai connu, discourant entre nous,

Qu’il eût au fond du cœur de l’estime pour vous.

Petit sotl

PHILAMINTE

ARMANDE

Quelque bruit que votre gloire fasse , Toujours à vous louer il a paru de glace.

PHILAMINTE

Le brutal!

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