‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 56 sur 593 · ACTE IV. SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCÈNE I

uue tendresse extrême, et je ne saurois me résoudre à lui donner du déplaisir. Faites, agissez auprès d’elle; employez tous vos soins à gagner son esprit. Vous pouvez faire et dire tout ce que vous voudrez; je vous en donne la licence; et, s’il ne tient qu’à me déclarer en votre faveur, je veux bien consentir à lui faire un aveu , moi-même , de tout ce que je sens pour vous.

CLÉ.4NTE.

Frosine, ma pauvre Frosine, voudrois-tu nous servir?

FROSINE

Par ma foi, faut-il le demander? je le voudrois de tout mon cœur. Vous savez que, de mon naturel, je suis assez humaine. Le ciel ne m’a point fait l’ame de bronze, et je n’ai que trop de tendresse à rendre de petits services, quand je vois des gens qui s’entr’aiment en tout bien et en tout honneur. Que pourrions-nous faire à ceci?

CLÉ.4NTE.

Songe un peu, je te prie.

MARI ANE

Ouvre-nous des lumières.

Trouve quelque invention pour rompre ce que tu as fait.

FROSINE

Ceci est assez difficile, (a Mariane.) Pour votre mère, elle n’est pas tout à fait déraisonnable , et peut-être pourroit-on la gagner et la résoudre à transporter au fils le don qu’elle veut faire au père, (a ciéame.) Mais le mal que j’y trouve c’est que votre père est votre père. ’

CRÉANTE.

Cela s’entend.

FROSINE

Je veux dire qu’il conservera du dépit si l’on monire qu’on le refuse, et qu’il ne sera point d’humeur ensuite à donner ^n consentement à votre mariage. Il faudroit, pour bien faire, que le refus vînt de lui-même, et tâcher, par quelaue moyen, de le dégoûter de votre personne.

CLÉANTE

Tu as raison.

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