‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 57 sur 593 · ROSI NI · texte numérisé non relu

ROSI NI

Oui, j’ai raison , je le sais bien. C’est là ce qu’il faudroit;

I/AVARE

mais le diantre ‘ est d’en pouvoir trouver les moyens. Attendez : si nous avions quelque femme un peu sur l’âge qui fût de mon talent, et jouât assez bien pour contrefaire une dame de qualité , par le moyen d’un train fait à la hâte et d un bizarre nom de marquise ou de vicomtesse, que nous supposerions de la Basse-Bretagne, j’aurois assez d’adresse poui faire accroire à votre père que ce seroit une personne riche, outre ses maisons, de cent mille écus en argent comptant; qu’elle seroit éperdument amoureuse de lui, et souhaiteroit de se voir sa femme, jusqu’à lui donner tout son bien par contrat de mariage; et je ne doute poiut qu’il ne prêtât 1 oreille à la proposition. Car, enfin, il vous aime fort, je le sais, mais il aime un peu plus l’argent; et quand, ébloui de ce leurre , il auroit une fois consenti à ce qui vous touche, il imporleroit peu ensuite qu’il se désabusât, en venant à vouloir voir clair aux effets de notre marquise.

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