‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 69 sur 593 · CI.ÉANTE · texte numérisé non relu

CI.ÉANTE

Comment as-tu fait?

LA FLÈCHE

Vous saurez tout. Sauvons-nous : je l’entends crier.

SCK.VE Vil. - HARPAGON, seul, crianl. au voleiir ilé.s le jartliii. el venant ïans chapeau'.

Au voleur! au voleur! à l’assassin! au meurtrier! Justice, juste ciel! je suis perdu , je suis assassiné! on m’a

Molière est une école de dépravation. C'est la mauvaise comédie et le drame qui dépravent le cœur, parce qu'ils ont la | rétention de prêcher et d’instruire parce qu ils enervent les âmes par la scnlimeutalité ctcunompenl les esprits par e fopiMsme. La bonne comédie amuse aux dépeus des vices qu'elle oppose les uns aux autres; mais elle iiVn recommande el n'eu préconise aucun.»

Dans Plaute, l'Avare, après le vol de son tic-or, s’écrie : « Je suis perdu ! ie » ^118 assassine! je suis mort! où irai-je? où ii’irai-jc pas ? Arrêiez, arrêtez.

> Qui . je lie sais. Je ne vois rien. Je cheichc en aveugle. Je perds la raison. » wai.s.je ou JC vaut, où je suis, qui je suis? Au secours ! mes chers amis, dëcoii-

vr.z-moi, oh. dccouvrez-nioi celui qui m'a derolié... Que di.s-lti toi’ Je » peux me lier a toi; tu m'as l air d’nn homme de liien. Vous riez’: je vous

> coi.noi. tous, et je n ,g„ore jias qu’il y a ici heaucoup de voleurs. Quoi ! , ei- . oi ne ne veut ni,, la reud.o! je vais mourir, je meurs. Qu’est-ce? dis, dis

> hi iir'cnx'''me'^ïo F "" .'>i*H'ouroiix ? iiial-

vm'l» Tl’ fM-oiirccs sur la terre! la laiiii, la misère, vont

> d'or ’ ic'lc Ëardi i ' '>“<>in de vivre, après la perte do tant

» j’.jois aveualé ë "" "

aci," IV, «cènexl "" rejoint de mon malheur!. . > (Aultilaire,

L’AVARE

coupe la gorge : on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce etre. Quesl-il devenu? Où est-il? Où se cache-t-il? Que ferai-je pour le trouver? Où courir? Où ne pas courir? IN est-il point là? N’est-il point ici? Qui est-ce? Arrête, (aijîmùme se prenant parle Iras.) Rends-moi mon argent, coquin'

Ah ! c’est moi! Mon esprit est troublé, et j’ignore où je sais, qui je SUIS, et ce que je fais. Hélas! mon pauvre argent' mon pauvre argent ! mon cher ami ! on m’a privé de toi ; et, puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie : tout est fini pour moi, et je n’ai plus que taire au monde. Sans foi, il m’est impossible de vivre. C’en est fait; je n’en puis plus; je me meurs; je suis mort; je suis enterré. N’y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m’apprenant qui l’a pris. Euh! que dites-vous? Ce n’est personne. R faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu’avec beaucoup de soin on ait épié l’heure ; et l’on a choisi justement le temps que je pai lois à mon traitre de fils. Sortons. Je veux aller quérir la justice, et faire donner la question à toute ma maison ; à servantes, à valets , à fils et à fille, et à moi aussi. Que de gens assembles! Je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur. Hé! de quoi est-ce qu’on parle là? de celui qui m’a dérobé? Quel bruit tait-on la-haut? Est-ce mon voleur qui y est? De grâce, si 1 on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que Ion m’en dise. N’cst-il point caché là parmi vous? Us me regardent tous et se mettent à rire. Vous verrez qu’ils ont part, sans doute, au vol que l’on m’a fiiit. Allons vite, des commissaires, des archers , des prévôts , des juges , des genes, des potences et des bourreaux. Je veux faire pendre tout le monde; et, si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-méme après.

KIN PU QUATniÉHiE ACTE.

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