LE PÈRE
.Malheureux ! je le maudis !
LE FILS, gravement.
Vous n'en avez plus le droit. Maudire, cela est d'un père : vous êtes mon rival. Maudire, cela est d'uu prêtre; mais où sont en vous les signes du prêtre, les passions vaincues et la colère domptée? Vous n'êlcs ni père ui prêtre. [Arec solennité et intention.] Je. n'accepic pas votre malriliction' >
Voilà, dans le style du drame inoilerne, la tr.idnc'ion iln mot : Je n'ot que /■««'re de vos dons. Quel est, de ces deux mots, le plus corrupteur? quel est celui qui met le plus eu discussion le mystère do raiitorilé pateineilc? Le sérieux du drame est d'autant plus dangereux, qu'il corrompt la raison par Iq sophisme et le cœur par l’émoiinn. La comédie plaisante, le di'amc argumente; la comédie touche, eu passant, l’idée délicate des iMirnes du pouroir paternel et des droits toujours spréieux de l'amour; le drame s’y aiiêlc avec intention; il aime à développer celte ihese qui louche à toutes les liassions, car toiiics aiment la révolte. Ne dites donc plus, avec J. J. Rousseau, que la cnraédie de
• Un de mes amis, romancier et dramaturge célébré, a bien voulu, à ma priéie, écrire la scène dans le ton du drame mo<lernp. (Saint-Marc Girardin.)