‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 71 sur 593 · SCÈNE II. — HARPAGON, U.N COMMISSAIRE, MAITRE JACQUES · texte numérisé non relu

SCÈNE II. — HARPAGON, U.N COMMISSAIRE, MAITRE JACQUES

jMAITRE JACQUES, dans le fond du lliéAlre, en se retournanl du colc par lequel il est enirc.

Je m’en vais revenir. Qu’on me l’égorge tout à l’heure; qu’on me lui fasse griller les pieds; qu’on me le mette dans l’eau bouillante, et qu’on me le pende au plancher.

HARPAGON, ù maître Jacques.

Qui ? celui qui m’a dérobé ?

MAÎTRE JACQUES

Je parle d’un cochon de lait que votre intendant me vient d’envoyer, et je veux vous l’accommoder à ma fantaisie.

Il n’est pas question de cela; et voilà monsieur, à qui il faut parler d’autre chose.

LE COMMISSAIRE, à maitre Jacques.

Ne vous épouvantez point. .le suis homme à ne vous point scandaliser , et les choses iront dans la douceur.

MAÎTRE JACQUES

Monsieur est de votre souper?

LE COMMISSAIRE

Il faut ici, mon cher ami, ne rien cacher à Aotre maître.

MAÎTRE JACQUES

Ma foi, monsieur, je montrerai tout ce que je sais faire, et je vous traiterai du mieux qu’il me sera possible.

HARPAGON

Ce n’est pas là l’affaire.

MAÎTRE JACQUES

Si je ne vous fais pas aussi bonne chère que je voudrois. c’est la faute de monsieur votre intendant, qui m’a rogn«‘ les ailes avec les ciseaux de son économie.

HARPAGON

Traître! il s’agit d’autre chose que de souper; et je veux (|ue tu me dises des nouvelles de l’argent qu’on m'a pris.

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