ACTE V, SCÈiNE II
MAÎTHE JACQUES.
On vous a pris de l’argent?
IIAllPAGON.
Oui, coquin; et je m’en vais te faire pendre, si tu ne me le rends.
LE COMMISSAIRE, à Harpagon.
Mon Dieu! ne le maltraitez point. Je vois à sa mine qu’il est honnête homme, et que, sans se faire mettre en prison, il vous découvrira ce que vous voulez savoir. Oui, mon ami, si vous nous confessez la chose, il ne vous sera fait aucun mal, et vous serez récompensé comme il faut par votre maître. On lui a pris aujourd’hui son argent; et il n’est pas que vous ne sachiez quelques nouvelles de cette affaire.
M.AÎTRE JACQUES, bas, à part,
Voici justement ce qu’il me faut pour meveuger de notre intendant. Depuis qu’il est entré céans, il est te favori, on n’écoule que ses conseils; et j’ai aussi sur le cœur tes coups de bâton de tantôt.
HARPAGOM.
Qu’as-tu à ruminer ?
LE COMMISSAIRE, à Harpagon.
Laissez-le faire. Il se prépare à vous contenter ; et je vous ai bien dit qu’il étoit honnête homme.
MAÎTRE JACQUES
.Monsieur, si vous voulez que je vous dise tes choses , je crois que c’est monsieur votre cher intendant qui a fait le coup.
HARPAGON
Valére?
MAÎTRE JACQUES
Oui.
HARPAGON