‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 10 sur 479 · II · texte numérisé non relu

II

Aurez-vous des secreU que ces princes n'ont pas; Et, si de ces fiertés riinpérieai caprice Ne vous fait éprouver un deslin plus propice, Au moins est-ce un bonheur eo ces eitrémitcs Que de voir avec soi ses rivaux rebutés.

EURTALE.

J'aime à te voir presser cet aveu de ma flamme : Combattant mes raisons, tu chatouilles mon aine; Et, par ce que j'ai dit, je voulois pressentir Si de ce que j'ai fait (u pourrois m'applaudir. Car enfin puisqu'il faut t'en faire confidence. On doit à la princesse expliquer mon silence; Et peut-être, au moment que je t*en parle ici, l.e secret de mon cœur, Arbate, est éclnirci. Celte chasse, où, pour fuir la foule qui Fadore, Tu sais qu elle esi allée au lever de l'aurore, Est le temps que Moron, pour déclarer mon feu, A pris...

ARBATE.

Moron, seigneur !

EURTALE.

Ce choix t'étonne un peu ; Par son titre de fou lu crois le bien connoUre; Mais sache qu'il Test moins qu'il ne le veut paroitre; Et que, malgré remploi qu'il exerce aujourd'hui, 11 a plus de bon sens que tel qui rit de lui. La princesse se plaît à ses bouffonneries : II s'en est fait aimer par cent plaisanteries. Et pcul, dans cet accès, dire et persuader Ce que d'autres que lui n'oseroient hasarder ; Je le vois propre enfin à ce que j'en souhaite : Il a pour moi, dit-il, une amitié parfaite, Et veut, dans mes Étals ayant reçu le jour, Contre tous mes rivaux appuyer mon amour. Quelque argent mis en main pour soutenir ce zèle...

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