‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 111 sur 479 · SCÈNE II. - LUCINDE, SGANARELLE · texte numérisé non relu

SCÈNE II. - LUCINDE, SGANARELLE

86ANARELLE.

Ah I voilà ma fille qui prend l'air. Elle ne me voit pas. Elle soupire ; elle lève les yeux au oiel. (à Laciode.) Dieu vous gard^ I Bonjour, ma mie. Hé bien! qu'est-ce? Comme vous en va? Ué quoi! toujours triste et mélancolique comme cela, et tu ne veux pas me dire ce que tu as? Allons donc , découvre-moi ton petit cœur. Là, ma pauvre mie, dis, dis, dis tes petites pensées à ton petit papa mignon. Courage I Veux-tu que je te baise? Viens, (à pan.) J'enrage de la voir de cette humeur-là. (àLucinde.) Mais, dis-moi, me veux-tu faire mourir de déplaisir; et ne puis-je savoir d'où vient cette grande langueur? découvre-m'en la cause, et je te promets que je ferai toutes choses pour toi. Oui, tu n'as qu'à me dire le

* Dieu vouM gard, ou Dûu vouê gard$. Cet deux locotioDs étaient en usage du temps de Molière.

458 L AMOUR MËDECIN.

sujet de ta tristesse ; je t'assure ici et te fais serment, qu'il n'y a rien que je ne fasse pour te satisfaire; c'est tout dire. Est-ce que tu es jalouse de quelqu'une de tes compagnes que tu voies plus brave que toi ? et seroit-*il quelque étoflé nouvelle dont tu voulusses avoir un habit? Non. Est-ce que ta chambre ne te semble pas assez parée, et que tu souhaiterois quelque cabinet^ de la foire Saint-Laurent? Ce n'est pas cela. Aurois-tu envie d'apprendre quelque chose, et veux-tu que je te donne un maître pour te montrer à jouer du clavecin? Nenni. Aimerois-tu quelqu'un, etsouhaiterois-tu dëtre

mariée ? (Lucîode fail signe que oui.)

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