SCÈNE UI. - SGANARËLLË, LUCINDE, LISETTE
LISETTE
Hé bien, monsieur, vous venez d'entretenir votre 611e. Avez-vous su la cause de sa mélancolie ?
SGANAREIXE.
Non. C'est une coquine qui me fait enrager.
LISETTE
Monsieur , laissez-moi faire , je m'en vais la sonder un peu.
SGANARELLE
Il n'est pas nécessaire; et, puisqu'elle veut être de cette humeur, je suis d'avis qu'on Ty laisse.
LISETTE
Laissez-moi faire , vous dis-je. Peut-être qu'elle se découvrira plus librement à moi qu'à vous. Quoi 1 madame, vous ne nous direz point ce que vous avez, et vous voulez affliger ainsi tout le monde? H me semble qu'on n'agit point comme vous faites, et que, si vous avez quelque répugnance à vous expliquer à un père, vous n'en devez avoir aucune à me découvrir votre cœur. Dites-moi, souhaitez-vous quelque chose de lui? 11 nous a dit plus d'une fois qu'il n'épargneroi t rien pour vous contenter. Est-ce qu'il ne vous donne pas toute la liberté que vous souhaiteriez? Et les promenades et les cadeaux ne tenteroieut-ils point votre ame? Heu) avez-vous reçu quelque déplaisir de quelqu'un? Heu ! n'auriez-vous point quelque secrète inclination avec qui vous souhaiteriez que votre père vous mariât ? Ah i je vous eii-
' Meuble garni ^e tiroirs, où les femmes eol'ermaienl leurs bijoux.