‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 13 sur 479 · ABBATE · texte numérisé non relu

ABBATE

Mais, par quelques exploits si Ton ne s éternise...

MOBON.

Je suis votre valet. J'aime mieux que Ton dise r C'est id qu'en fuyant, sans se faire prier, Moron sauva ses jours des fureurs d'un sanglier, Que si Ton y disoit : Voilà l'illustre place Où le brave Moron, signalant son audace, Affrontant d'un sanglier l'impétueux effort, Par un coup de ses dents vit terminer son sort<«

EURTAI^E.

Fort bien.

' Ce trait esl empruoté & l'ArétiD, qui, dans uoe letlre à Baptiste Slroxsi, a dit : k meglio p9r la pelU vostra ehe si dica Qui fuggi il tale^ cA«, Qm morl il eottth. « Il Yaot mieta pour votre pean (|u*on dise, Ici un tel \nil lu » fuite, que. Ici no tel trouva ta mort. > ^ Petitot.)

18 LA PRINCESSE D'ÊLiDE.

MORON

Oui. J'aime niieox, n*eii déplaise à la gloire. Vivre aa monde deai jours, que mille ans à&ùs l'histoire.

EDRTALE.

En effel, ton trépas flcheroit tes amis; Mais, si de ta frayeur ton esprit est remis, Puis-je te demander si du feti qui me brûie...?

MOROK

11 ne faut pas, seigoeur^ que je vous dissimule;

Je n'ai rien fait encore, et n'ai point reneootré

De temps pour lui parler qui fât selon mon gré.

L'office de bouffon a des prérogatives ;

Mais souvent on rabat nos libres tentatives.

Le discours de vos feux est un peu délicat,

Et c'est chez la princesse une affaire d'État.

Vous savez de quel titre elle se glorifie,

Et qu'elle a dans fa tête une philosophie

Qui déclare la guerre au conjugal lien,

Et vous traite Tamour de déité de rien.

Pour n effaroucher point son humeur de tigrcsse,

11 me faut manier la chose avec adresse ;

Car on doit regarder comme Ton parle aux grands,

Et vous êtes parfois d'assez fôchenses gens.

Laissez-moi doucement conduire cette trame.

Je me sens là pour vous un zèle tout de flamme ;

Vous êtes né mon prince, et q^ielques autres nœuds

Pourroient contribuer au bien que je vous veux.

Ma mère, dans son temps, passoit pour assez beUe,

Et naturellement n'étoit pas fort cruelle;

Feu votre père alors, ce prince généreux,

Sur la galanterie étoit fort dangereux,

Et je sais qu'EIpénor, qu'on appeloit noo père

A cause qu'il étoit le mari de ma mère,

Contoit pour grand honneur aux pasteurs d'aujourd'hui

Que le prince autrefois étoit venu chez lui,

Et que, durant ce temps, il a voit l'avantage

De se voir sahié de tous ceux du village.

Baste. Quoi qu'il en soit, je veux par mes travaux...

Mais voici la princesse et deux de vos rivaux.

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