ACTE I, SCENE II
MORON
Ce n est rien. N'ayez point de frayeur» Mais laissei-inoi passer entre vous deux, pour cuiase; Je serai mieux en main pour vous conter la chose. J'ai donc su ce sanglier, qui, par nos gens chassé, Âvoit d*un air affreux tout sou poil hérissé; Ses deux yeux flamboyants ne lançoient que menace, Et sa gueule faisoit une laide grimace. Qui parmi de I écume, à qui Tosoit presser, Montroit de certains crocs... je vous laisse à penser. A ce terrible aspect j'ai ramassé mes armes; Mais le faux animal, sans en prendre d'alarniOG, Est Tenu droit à moi, qui ne lui disois mol. •
ARBATE.
Et tu Tas de pied ferme altendu?
MORON
Quelque sot.
J'ai jeté tout par terre et couru comme quatre.
ARBATE.
Fuir devant un sanglier, ayant de quoi l'abattre! Ce trait, Moron, n'est pas généreux...
MORON
J'y consens; Il n'est pas généreux, mais il est de bon sens.