II
ALCESTE
Puisqu'il vous plaît ainsi, monsieur, je le veux bien.
OROIfTE.
Sonnet. C'est un sonnet... L'E$poir... Cest une dame Qui de quelque espérance afoit flatté ma flamme. L'Espoir... Ce ne sonl point de ces grands vers pompeux, Mais de petits vers doux, tendres et langoureux.
(A toutes ces intemiptioBS il regarde Alceste.) ALCESTE.
Nous verrons bien.
ORONTE
L'Espoir... Je ne sais si le stylo Pourra vous en paroitre assez net et facile, Et si du choix des roots vous vous contenterez.
ALCESTE
Nous allons voir, monsieur.
Au reste, vous saurez Que je n'ai demeuré qu'un quart d'heure à le faire.
ALCESTE
Voyons, monsieur; le temps ne fait rien à l'affaire *. ORONTE ut.
L'espoir, il est vrai, nous soulage, Et nous berce un temps notre ennui; Mais, Philis, le triste avantage, Lorsque rien ne marche après lui!
PHIL1NTE.
Je suis déjà charmé de ce petit morceau
ALCESTE, bas, i Philinte.
Quoi ! von» avez le front de trouver cela beau ?
ORONTE
Vous eûtes de la complaisance ; Mais vous en deviez moins avoir.
Et ne vous pas mettre en dépense Pour ne me donner que l'espoir.
PHILINTE
Ah! qu'en termes galants ces choses-là sont mises!
ALCESTE, Us, & PhiHnle.
Ué quoi ! vil complaisant, vous louez des sottises^ ?
• Ce vers est devenu proverbe,
• Var. Morbleu! vil complaiiant, vous lonci des souises?