‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 157 sur 479 · CLITANDRE ET ACASTE · texte numérisé non relu

CLITANDRE ET ACASTE

Non pas, madame.

ALCESTE

La peur de leur départ occupe fort votre ame. Sortez quand vous voudrez, messieurs; mais j'avertis Que je ne sors qu'après que vous serez sortis.

ACASTE

A moins de voir madame en être importunée, Rien ne m'appelle ailleurs de toute la journée.

CLrr ANDRE.

Moi, pourvu que je puisse être au petit couché,

* Celle tirade ni iroilée, on pintèt tndiiiie librement du qualrièicis livre de Lucrèce f on saifr^que Molière, <^Iève de Gassendi, av.iil essayé de traduiro !•• pocie philosoplie. Il ne conserva guère de son travail que les vors récités par hliante ilaos le deuxiènie acte du Misanthrope. Le poêle romain ne consacre que quelques traits à cliacuo de ses taiil<*aux; il eiiiremèle sa poésie de phrases grecques, dont le laconisme était expr*'ss'>f pour les Romains, accoutumés à leur emploi. Lucrèce indii|ue sa ponsée sans la développer. Holière, libre dans sou imitation, n'a pris que les traits convenablvs à sou siijel. L'interprète de lucréée, M. de Pong>'rville, soumis à une plu» ri^jourt-uie exacliiude, a reproduit ainsi ce passage justemeni célèbre:

Chacnn de son idole ennoblit les défaut!'. On compare à Minerve un regard louche et Taux. La mniproprp, sans art aime à paraître belle; La bavarde esi nn feu qui toujours étincelle : La muette devient la timide pudeur ; Un teint brnn, d*; l'amour nous révèle l'ardeur. La naine, enalirégé, des grftcei est rivale; La maigre est, dans son port, la biche du Mena le. Une h-tule stature a de la dignité; El le nez court promet l'ardeolc volupté. Dans l'étiquc langueur le plaisir se devine ; La bègue a dans » voix unegrftce enfantine. L'embonpoint monstrueux ne rappelle-l-il pus De l'atigiislc Ccrès les robustes appas ? TJiie lèvre épaissie est le trône de ro-e Où vole le baiser, où l'amour se repose. ' J'ajouterais encore à ces maliuis talileaux, Si le temps qui s'enfuil ne biisait mes pinceaux.

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