‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 167 sur 479 · SCÈNE VII. - ALCESTE. ARSINOÉ · texte numérisé non relu

SCÈNE VII. - ALCESTE. ARSINOÉ

ARSINOÉ

Vous voyez, elle veut que je vous entictienue, Attendant un moment que mon carrosse vienne; Et jamais tous ses soins ne pouvoient m'offrir rien Qui me fût plus charniant qu'un pareil entretien. En vérité, les gens d'un mérite sublime Entraînent de chacun et Tamour et Testime; Et le vôtre, sans doute, a des charmes secrets Qui font entrer mon cœur dans tous vos intérêts. Je voudrois que la cour, par un regard propice, A ce que vous valez rendit plus de justice. Vous avez à vous plaindre; et je suis en courroux Quand je vois chaque jour qu'on oe fait lien pour vous.

ALCESTE

Moi, madame? Et sur quoi pourrois-je en rien prétendre? Quel service à TÉlat est-ce qu'on m'a vu rendre? Qu'ai-je fait, s'il vous plait, de si brillant de soi, Pour me plaindre à la cour qu'on ne fait rien puni- moi ?

ARSINOÉ

Tous ceux sur qui la cour jette des yeux propices

N'ont pas toujours rendu de ces fameux services.

11 faut Toccasion ainsi que le pouvoir ;

Et le mérite enfin que vous nous faites voir

DeTroit*..

ALCESTE

Mon Dieu ! laissons mon mérite, de grâce : De quoi voulez- vous là que la cour s'embarrasse? Elle auroit fort à faire, et ses soins seroienl grands D'avoir à déterrer le mérite des gens.

ABSIMOÊ.

Vu mérite éclatant se déterre lui-même.

Vu vôtre en bien des lieux on fait un cas extrême ; Ll vous saurez de moi qu'en deux fort bons endroits Vous fûtes hier loué par des gens d'un grand poids.

Page 1