SCÈNE VII. - ALCESTE. ARSINOÉ
ARSINOÉ
Vous voyez, elle veut que je vous entictienue, Attendant un moment que mon carrosse vienne; Et jamais tous ses soins ne pouvoient m'offrir rien Qui me fût plus charniant qu'un pareil entretien. En vérité, les gens d'un mérite sublime Entraînent de chacun et Tamour et Testime; Et le vôtre, sans doute, a des charmes secrets Qui font entrer mon cœur dans tous vos intérêts. Je voudrois que la cour, par un regard propice, A ce que vous valez rendit plus de justice. Vous avez à vous plaindre; et je suis en courroux Quand je vois chaque jour qu'on oe fait lien pour vous.
ALCESTE
Moi, madame? Et sur quoi pourrois-je en rien prétendre? Quel service à TÉlat est-ce qu'on m'a vu rendre? Qu'ai-je fait, s'il vous plait, de si brillant de soi, Pour me plaindre à la cour qu'on ne fait rien puni- moi ?
ARSINOÉ
Tous ceux sur qui la cour jette des yeux propices
N'ont pas toujours rendu de ces fameux services.
11 faut Toccasion ainsi que le pouvoir ;
Et le mérite enfin que vous nous faites voir
DeTroit*..
ALCESTE
Mon Dieu ! laissons mon mérite, de grâce : De quoi voulez- vous là que la cour s'embarrasse? Elle auroit fort à faire, et ses soins seroienl grands D'avoir à déterrer le mérite des gens.
ABSIMOÊ.
Vu mérite éclatant se déterre lui-même.
Vu vôtre en bien des lieux on fait un cas extrême ; Ll vous saurez de moi qu'en deux fort bons endroits Vous fûtes hier loué par des gens d'un grand poids.