‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 178 sur 479 · SCÈNE I. - AFXESTE, PHILINTE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. - AFXESTE, PHILINTE

AIXE8TE.

La résolution en est prise, vous dis-je.

THILINTE

Mais, quel que soit ce coup, faut-il qu'il vous oblige...?

ALCESTE

Non, vous avez beau faire et beau me raisonner,

Rie.i de ce que je dis ne peut me détourner;

Trop de perversité règne au .siècle où nous sommes,

Et je yeuTL me tirer du commerce des hommes.

Quoi 1 contre ma partie on voit tout à la fois

L'honneur, la probité, la pudeur et les lois;

On publie en tous lieux Téquité de ma cause ;

Sur la foi dé mon droit mon ame se repose :

Cependant je me vois trompé par le succès,

J'ai pour moi la justice, et je perds mon procès!

Un traître, dont on sait la scandaleuse histoire.

Est sorti triomphant d'une fausseté noire!

Toute la bonne foi cède à sa trahison I

Il trouve, en m'égorgeant, moyen d'avoir raison !

Le poids de sa grimace, où brille Tartifice,

Renverse le bon droit, et tourne la justice!

Il fait par un arrêt couronner son forfait!

Et, non content encor du tort que Ton me fait,

H court parmi le monde un livre abominable,

Et de qui la lecture est même condamnable,

Un livre à mériter la dernière rigueur.

Dont le fourbe a le front de me faire Fauteur ' !

Et là-dessus on voit Oronte qui murmure,

Et tâche méchamment d'appuyer l'imposture!

Lui qui d'un honnête homme à la cour tient le rang,

 qui je n'ai fait rien qu'être sincère et franc.

Qui me vient malgré moi d'une ardeur empressée.

Sur des vers qu'il a faits demauder ma pensée;

Et parceque j'en use avec honnêteté

Et ne le veux trahir, lui, ni la vérité.

Il aide à m'accabler d'un crime imaginaire!

Le voilà devenu mon plus grand adversaire!

Et jamais de son coeur je n'aurai de pardon,

Pour n'avoir pas trouvé que son souuet fût bon!

Et les hommes, morbleu! sont faits de cette sorte!

C'est à ces actions que la gloire les porte !

Voilà la bonne foi, le zèle vertueux,

La justice et l'honneur que l'on trouve chez eux!

Allons, c'est trop souffrir les chagrins qu'on nous forge :

Tirons-nous de ce bois et de ce coupe-gorge.

'Ceci fait allusion à une indigne siipcrclieiie imaginée par les nombronx en» netnisde Mulière. La représentation des trois premiers actes du Tartufe à la cour ayant efTrayé bon nombre de gens, on lit courir dans Paris, sons le nom de Hoi.>rc, un libcUc iuràme. On espcrail par ià Tuîre suspendre la nouvelle pièce.

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