SCÈNE m. — ÉLIANTE, PHILINTE, CÉLIMÈNE, ORONTE, ALCESTE
€£LIMÈNE.
Je me vois, ma cousine, ici persécutée
Par des gens dont Thumeur y paroît concertées
Ils veulent Tun et Tautre, avec même chaleur.
Que je prononce entre eux le choix que fait mon cœur.
Et que, par un arrêt qu'en face il me faut rendre,
Je défende à l'un d'eux tous les soins qu'il peut prendre.
Dites-moi si jamais cela se fait ainsi.
ÉLIANTE
N'allez point là-dessus me consulter ici; Peut-être y pourriez-vous êire mal adressée. Et je suis pour les gens qui disent leur pensée.
ORONTE
Madame, c'est en vain que vous vous défendez.
ALCESTE
Tous vos détours ici seront mal secondés.
ORONTE
11 faut, il faut parler, et lâcher la balance.
ALCESTE
11 ne faut que poursuivre à garder le silence.
ORONTE
Je ne veux qu'un seul mot pour fînir nos débats.
ALCESTE
Et moi je vous entends si vous ne parlez pas.
SCÈNE IV. - ARSINOÉ, CÉLIMÈNE, ÉLIANFE, ALCESTE, PHÏLÏNTE, ACASTE, CLITANORE, ORONTE.
ACASTE, 1^ Cëlimèno.
Madame, doqs venons tous deui, sans vous dëpUirc» Ëclaircir avec vous une petite affaire.
CLITANDUE, à Oronte et à Alcosle.
Forl à propos, messieurs, vous vous trouvez ici, Et vous ê(es ir.élés dans celle affaire aussi.
ABSINO£, à Célimènc.
Madame, voua serez surprise de ma \uc; Mais ce sont ces messieurs qui causent ma venue : Tous cKmix ils m'ont trouvée, et se sont plaints k moi D'un trait a qui mon eoeur ne sanroit prêter foi. Tai du fond de votre ame une trop liante estime Pour vous croire jai.iais capable d*un tel crime; Mes yeux ont démenti leurs témoins les plus forts^ Et, Tamitié passant sur de petits discords. J'ai bien voulu chez vous leur faire compagnie. Pour vous voir vous laver de cette calomnie.
ACASTE
Oui, madame, voyons, d*un esprit adouci, Comment vous vous prendrez à soutenir ceci. Celte lettre, par vous, est écrite à Clitandre.
CLITAKDRE.
A'ous avez pour Acaste écrit ce billot tendre.
ACASTE, à Ot'outc et à Alce$t«.
Messieurs, ces traits pour vous n'ont point d obscurité, Et je ne doute pas que sa civilité A connoître sa main n'ait trop eu vous instruire. Mais ceci vaut assez la peine de le lire.
« Vous êtes un étrange homme de condamner mon en- » jouement, et de me reprocher que je n'ai jamais tant (fe joie » que lorsque je ne suis pas avec vous. H n'y a rien de plus in- » juste; et, si vous ne venez bien vite me demander pa^on » de cette offense, je ne vous la pardonnerai de ma vie. » Notre grand, flandrin de vicomte...
Il devroit être ici.
1) Notre grand flnndrin de vicomte, par qui vous commcncrz