ACTE V, SCÈNE IV
n vos plaintes, esl un liomme qui ne sauroit me revenir; i> et, depuis que je Tai vu, trois quarts d'heure durant, » cracher dans un puits pour faire des ronds, je n'ai jamais » pu prendre bonne opinion de lui. Ponr le petit marquis...
C'est moi-ifiême, messieurs, sans nulle vanité. » Pour le petit marquis, qui me tint hier longtemps la » main, je trouve qu'il n'y a rien de si mince que toute sa ») personne; et ce sont de ces mérites qui n'ont que la cape » et lepée. Pour Thomme aux rubans verts...
(A Alcesle.)
A vous le dé, monsieur.
» Pour rhomme aux rubans verts >, il me divertit queiqoen fois avec ses brusqueries et son chagrin bourru ; maïs il n est cent moments où je le trouve le plus fâcheux du n monde. Et pour l'homme au sonnet^...
(A Omnte.)
Voici votre paquet.
» Et pour rhomme au sonnet, qui s'est jeté dans le bel » esprit, et veut être auteur maigre tout le monde, je ne » puis me donner la peine d'écouler ce qu'il dit ; et sa prose » me fatigue autant que ses vers. Metlez-vous donc en tétc u que je ne me divertis pas toujours si bien que vous pen- M sez ; que je vous trouve a dire, plus que je ne voudrois, » dans toutes les parties où l'on m'entraîne; et que c'est » un merveilleux assaisonnement aux plaisirs qu'on goûte, » que la présence des gens qu'on aime.
Me voici maintenant, moi.
M Voire Clitandre, dont vous me parlez, et qui fait tant le
' A cettn époque les jeunes seigneurs se paroienl, comme les dames, de nœmis (Je rubans, el cette parure féminine entroit même d^ns leur toileUe miliiaiic. Anjourd'bui, cette brillaDic toilette qui marque le siècle esl négligée par les acteurs qui jouent li-s rûlos dOronlc, d^Araiîtc el de Clitandre ; mais p«iir qim ce» mois, Vhomme aux rtàbant verts, conscrveut leur application, Ak'csie paruU avec nu noRud de celle couleur allachc à son épaule. Ainsi le Misanthrope, dout rbabit doit être simple cl mode>ln, eii lu seul qui se présente avec des rubius. Un semblable coBlre-seni surth-otl pour faire sentir la nccessiic de r<^iattiir k's costumes. (Aime Alurtiu.)
'VAR. I/bommc à la veite, etc.
236 LE MISAMHROPE.
M doucereux, est le dernier des homines pour qui j aurois de i> ramifié. 11 est extravagant de se persuader qu'on Taime, » et vous l'êtes de croire qu'on ne vous aime pas. Changez, M pour être raisonnable, vos sentiments contre les siens; et » voyez-moi le plus que vous pourrez, pour m'aider à porter » le chagrin d^en être obsédée. »
D'un fort beau caractère on voit là le modèle, Madame, et vous savez comment cela s'appelle. Il suffit. Nous allons Tun et l'autre, en tous lieux, Montrer de votre cœur le portrait glorieux.
ACÂSTE.
J'aorois de quoi vous dire, et belle est la matière; Maïs je né vous tiens pas digne de ma colère ; Et je vous ferai voir que les petits marquis Ont, pour se consoler, des cœurs du plus haut prix.