‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 250 sur 479 · SCÈNE IV. — LYCARSIS, MYRTIL, MÉLICERTE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — LYCARSIS, MYRTIL, MÉLICERTE

LTCARSI8.

Ne voas contraignez pas pour moi.

UÉLICERTE, à part.

Quel sort fâcheux !

LYCARSIS.

Cela ne va pas mal : continuez tous deux. Peste ! mon petit fils, que vous avez Tair tendre, Et qu'en maître déjà vous savez vous y prendre ! Vous a*t-il, ce savant qu'Athènes exila, Dans sa philosophie appris ces choses-là ? Et vous, qui lui donnez de si douce manière Votre main à haiser, la gentille bergère, L'honneur vous apprend>il ces mignardes douceurs Par qui vous débauchez ainsi les jeunes cœurs?

MTRTIL.

Ah! quittez de ces mots l'outrageante bassesse, Et ne m'accablez point d'un discours qui la blesse.

LYCâRSIS.

Je veux lui parler, moi. Toutes ces amitiés...

MYRTIL

Je ne souffrirai point que vous la maltrailii/. A du respect pour vous la naissance m'enga<;c; Mais je saurai, sur moi, vous punir de l'outrage. Oui, j'atteste le ciel que si, contre mes vœux, Vous lui dites encor le moindre mot fâcheux, Je vais avec ce fer, qui m'en fera justice, Au milieu de mon sein vous chercher un supplice ; Et, par mon sang versé, lui marquer prompletneut L'éclatant désaveu de voire emportement

^ ilÉUCERTE.

Non, non, ne croyez pas qu'avec art je l'enflamme, Et que mon dessein soit de séduire son ame. S'il s'attache à me voir, et me veut quelque bien, C'est de son mouvement : je ne l'y force en rien. Ce n'est pas que mon cœur veuille ici se défendre De répondre à ses vœux d'une ardeur assez tendre; Je l'aime, je Tavoue, autant qu'on puisse aimer : Mais cet amour n'a rien qui vous doive alarmer ; Et, pour vous arracher toute injuste créance,

512 MÉLICKHTE.

Jo vous promets ici d'éviter sa présence,

De faire place au choix où vous vous résoudrez,

Et ne souffrir ses vœux que quand vous le voudrez.

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