‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 32 sur 479 · SCÈNE V. - LA PRLNCESSE, MORON · texte numérisé non relu

SCÈNE V. - LA PRLNCESSE, MORON

MORON

11 ne vous en doit rien, madame, en dureté de cœur.

Je donnerois volontiers tout ce que j'ai au monde, pour avoir Tavantage d'en triompher.

• MORON

Je le crois.

Ne pourrois-tu, Moron, me servir dans un tel dessein?

MORON

Vous savea bien, madame, que je suis tout à votre service. II 4

Parle-lui de inoi dans tes entretiens; vanle-lui adroitement ma personne et les avantages de ma naissance, et tâche d'ébranler ses sentiments par la douceur de quelque espoir. Je te permets de dire tout ce que tu voudras, pour tâcher à me l'engager.

MORON

Laissez-moi faire.

C'est une chose qui me tient au cœur. Je souhaite ardemment qu'il m'aime.

MORON

Il est bien fait, oui, ce petit pendard-lâ; il a bon air, bonne physionomie; et je crois qu^il serait assez le fait d'une jeune princesse.

Enfin, tu peux tout espérer de moi, si tu trouves moyen d'enflammer pour nfoi son cœur.

MORON

Il n'y a rien qui ne se puisse faire. Mais, madame, s'il venoit à vous aimer, que feriez-vous, s'il vous plaît?

Ah! ce seroit lors que je prendrois plaisir à triompher pleinement de sa vanité , à punir son mépris par mes froideurs, et à exercer sur lui toutes les cruautés que je pourrois imaginer.

MORON

Il ne se rendra jamais.

Ah ! Moron, il faut faire en sorte qu'il se rende.

MORON

Non, il n'en fer^ rien. Je le connois; ma peine seroit inutile.

Si faut-il pourtant tenter toute chose , et ^prouver si son ame est entièrement insensible. Avions. Je veux lui parler , et suivre une pensée qui vient de me venir.

TROISIËME INTERMÈDE. 39

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