ACTE 11, SCÈNE IV
VALÈRF, à Durino.
Mais quel est ion dessein?
MARUNE, à Dorine.
Qu'est-ce que tu veux faire?
DORINE
Vous bien remettre ensemble, et vous tirer d'affaire.
(A Yalère.)
Ë(es-vous fou d'avoir un pareil démêlé?
VALÈRE
N'as-tu pas entendu comme elle m'a parlé?
DORINE, à Mariane.
Êtes- VOUS folle, vous, de vous être emportée?
MARUNE.
K^as-iu pas vu la ebose, et comme il m'a traitée ?
DORINE
(A Yalère.)
Sottise des deux parts. Elle n'a d'autre soin Que de se conserver à vous, j'en suis témoin.
(A Karianc)
11 n^aime que vous seule, etVa point d'aulre envie Que d'être votre époux ; j'en réponds sur ma vie.
MARIANE, à Valero.
Pourquoi donc me donner un semblable conseil?
VALÈRE, à Marbue.
Pourquoi m'en demander sur un sujet pareil ?
DORINE
Vous êtes fous tous deux. Çà, la main l'un e( l'autie.
(A Yalère.)
Allons, vous.
VALÈRE; en donoanl sa maiu à Dorinr.
A quoi bon ma main?
DORINE, à Mariane.
Ab çâ ! la votre.
MARIANE, en donnant aussi sa main.
De quoi sert tout cela ?
DORINE
Mon Dieu! vile, avancez.
Vous vous aimez tous deux plus que vous ne pensez*.
(Yalère et Mariane se (iennenl quelque temps par la main sans se regarder.)
' L'uuleur de la kltie sur la comédie de PImpost$ur remarque judiciensemMii € que ce di'pil a cela de lariiculter et o'original, qu'il naU et liait dans une même scciio, cl cela aussi vraisembiablcmeni que faisoienl ceux qu'un avoil vus aupara-
VALÈRE, ce lournaat vers MariADe.
Mais ne faites donc point les choses avec peino; Kt regardez un peu les gens sans nulle haine.
(Hariaoe ae tourne da oôlë de Yalère en Ini souriant.) DORINE.
A VOUS dire le vrai, les amants sont bien fous!
VALÈRE, à Mariane.
Oh çà I n^ai-je pas lieu de me plaindre de vous?
El, pour n'en point mentir, n'êles-vous pas méchante
De vous plaire à me dire une chose affligeante?
Mais vous, n^étes-vous pas Thomme le plus ingrat...?
DORINE
Pour une autre saison laissons tout ce débat, Et songeons à parer ce fâcheux mariage.
MARIANE
Dis-nous donc quels ressorts il faut mettre en usage.
DORINE
Nous en ferons agir de toutes les façons.
(A Mariane.) (A Talère.)
Votre père se moque ^ et ce sont des chansons.
(A Mariane.)
Mais, pour vous, il vaut mieui qu'à son eitravagance
D^uii doux consentement vous préliez l'apparence,
Afin qu'en cas d'alarme il vous soit plus aisé
De tirer en longueur cet hymen proposé.
En attrapant du temps, à tout on remédie.
Tantôt vous payerez de quelque maladie
Qui viendra tout à coup, et voudra des délais;
Tantôt vous payerez de présages mauvais ;
Vous aurez fait d'un mort la rencontre fâcheuse.
Cassé quelque miroir, ou songé d'eau bourbeuse :
Enfin, le bon de tout, c'est qu'à d'autres qu'à lui
On ne vous peut lier que vous ne disiez oui.
Mais, pour mieux réussir, il est bon, ce me semble,
Qu'on ne vous trouve point tous deux parlant ensemble.
(A Yalère.)
Seriez; et, sans tarder, employez vos amis
vant, où ces colères amoureuses naissent de quelques tromperies faites par uu tiers, la plupart du temps derrière le théftlre; an lien qu'ici elles naissent diviiiiMiunt, à la vue des speciateurs, et de la délicatesse et de la force de la passiou même. >