AMI
Laissez-moiy je lui veux couper les deux oreilles. Contre son insolence on ne doit point gauchir : C'est à moi tout d'un coup de vous en affranchir; Et, pour sortir d'affaire, il faut que je l'assomme.
CLÉANTE
Voilà tout justement parler en vrai jeune homme. Modérez, s'il vous plaît, ces transports éclatants. Nous vivons sous un règne et sommes dans un temps Où par la violence on fait mal ses affaires.
SCÈNE III. — MADAME PERNKLLE, ORGON, ELMIRK, CLÉANTE, MARIANE, DAMIS. DORINE.
MADAME PERNFXLE.
Qu'est-ce? J'apprends ici de terribles mystères!
ORGON
Ce sont des nouveautés dont mes yeux sont témoins, Et vous voyez le prix dont sont payés mes soins. Je recueille avec zèle un homme en sa misère, Je le loge, et le tiens comme mon propre frère; De bienfaits chaque jour il est par moi chargé; Je lui donne ma fille, et tout le bien que j'ai : Et, dans le même temps, le perfide, Tinfame, Tente le noir dessein de suborner ma femme ; Et, non content encor de ces lâches essais, 11 m'ose menacer de mes propres bienfaits,