ACTE V, SCÈNE V
MONSIEUR LOYAL
On pourroil bien punir ces paroles infâmes, Blamie; et Ton décrète aussi contre les femmes.
CLÉÂNTE, à monsieur Loyal.
Finissons tout cela, monsieur; cen est assez. Donnez tôt ce papier, de grâce, et nous laissez.
MONSIEUR LOYAL
Jusqu*au revoir. Le ciel vous tienne tous en joie !
ORGON
Puisse-t-il te confondre, et celui qui t'envoie I
SCÈNE V. — ORGON, MADAME PERNELLE, ELMTKE. GLÉANTË, MARIANË, DAMIS, DORINË.
Hé bien ! vous le voyez, ma mère, si j'ai droit; Et vous pouvez juger du reste par l'exploit. Ses trahisons eniûn vous sont-elles connues?
MAOAME PERNELLE.
Je suis tout ébanbie, et je tombe des nues!
DORlNE, à Orgoa.
Vous vous plaignez à tort, à tort vous le blâmez,
Et ses pieux desseins par là sont confirmés.
Dans Famour du prochain sa vertu se consomme :
Il sait que très souvent les biens corrompent Thomme,
Ety par charité pure, il veut vous enlever
Tout ce qui vous peut faire obstacle à vous sauvera
ORGON
Taisez-vous. C'est le mot qu'il vous faut toujours dire.
CLÉANTE, à Orgon.
Allons voir quel conseil on doit vous faire élire.
ELMIRE
Allez faire éclater Taudace de Tingrat.
'Celle Dorine, qui fail un rôle si animé, si essentiel, dans le Tartuffe, ci qui eu esl le boute-CD-lraio, me personuitie à merveille la verve même du poêle, ce qu'on oserait appeler le gros de Ma musê, «e peu comme cliez Rulieas c<fs Sirènes poissonneuses et charnues, leâ iavuriies du peiaire. Ainsi celle Dorinf, si provoquante, si drue, servirait tre^bien à iigurer la muse comique de Molière en ce qu'elle a de tout à Tait à part et «rinvincible, el de deiachd d'une observation ittus roflrcliie, - Thumeur comique dans sa pure veine courante, qui l'assaillait, qui le distrayait, comme la servaute du logis, même en ses plus M)mbre» heures, et faisait remue- ménage à travers sa mélancolie habituelle, dont la prorondeur ne s'en ébranlait pas. (Sainie-Beuve.)
Ce procédé détruit la vertu du contrat; Et sa déloyauté va paroitre trop noire, Pour souffrir qu'il en ait le succès qu'on veut croire.
SCÈNE VI. — VALÈRE, ORGON, MADAME PERNELLE, ELMIRË, CLÉANTE, MARIANE, DAMIS, DORINE.
VALÈRE
Avec regret, monsieur, je viens vous affliger;
Mais je m'y vois contraint par le pressant danger.
ITn ami, qui m'est joint d'une amitié fort tendre,
Et qui sait l'intérêt qu'en vous j'ai lieu de prendre,
A violé pour moi, par un pas délicat,
Le secret que Ton doit aux affaires d'État,
Et me vient d'envoyer un avis dont la suite
Vous réduit au parti d'une soudaine fuite.
Le fourbe qui longtemps a pu vous imposer
Depuis une heure au prince a su vous accuser.
Et remettre en ses mains, dans les traits qu'il vous jette.
D'un criminel d'État l'importante cassette,
Dont, au mépris, dit-il, du devoir d'un sujet.
Vous avez conservé le coupable secret.
J'ignore le détail du crime qu'on vous donne ^;
Mais un ordre est donné contre votre personne;
Et lui-même est chargé, pour mieux l'exécuter,
D'accompagner celui qui vous doit arrêter.
CLÉANTE
Voilà ses droits armés; et c'est par où le traître
De vos biens qu'il prétend cherche à se rendre maitre.
ORGON
L'homme est, je vous l'avoue, un méchant animal !
VALÈRE
Le moindre amusement vous peut être fatal. J'ai, pour vous emmener, mon carrosse à la porte, Avec mille louis qu'ici je vous apporte. Ne perdons point de temps : le trait est foudroyant; Et ce sont de ces coups que l'on pare en fuyant. A vous mettre en lieu sûr je m'offre pour conduite, Et veux accompagner, jusqu'au bout, votre fuite.
* Qu'on vous allribue. C'est m tetioitme, dmn erimen aUeuu