‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 381 sur 479 · ACTE I, SCÈNE IV. 48i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. 48i

MERC0RE

Dianlre! où veux-tu que mon esprit

T'aille chercher des fariboles?

Quinze ans de mariage épuisent les paroles ; Et, depuis un long temps, nous nous sommes tout dit.

GliÉANTHIS.

Regarde, traître, Amphitryon; Vois combien pour Alcmène il étale de flamme ; Et rougis, là-dessus, du peu de passion

Que tu témoignes pour ta femme.

MERCURE

Hé! mon Dieu! Cléantbis, ils sont encore amants.

Il est certain âge où tout passe; Et ce qui leur sied bien dans ces commencements, En nous, vieux mariés, auroit mauvaise grâce. Il nous feroit beau voir, attachés face à face,

A pousser les beaux sentiments !

CtÉiNTfllS.

Quoi ! suis-je hors d'état, perfide, d'espérer Qu'un cœur auprès de moi soupire?

MERCURE

Non, je n'ai garde de le dire; Mais je suis trop barbon pour oser soupirer. Et je fcrois crever de rire.

CLÉANTHIS.

Mérites-tu, pendard, cet insigne bonheur

De te voir pour épouse une femme d'honneur?

MERCURE

Mon Dieu! tu n'es que trop honnête; Ce grand honneur ne me vaut rien.

N^ sois^ point si femme de bien, Et me romps un peu moins la léte.

CLÉANTHIS.

Comment! de trop bien vivre on te voit me blâmer!

MERCURE

La douceur d'une femme est tout ce qui me charme; Et ta vertu fait un vacarme Qui ne cesse de m'assommer.

CLÉAKTUIS.

Il te faudroit des cœurs pleins de fausses tendresses, De ces femmes aux beaux et louables talents,

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