ACTE ti, SCÈNE I
Moi.
AMPHITRYON
Toi, te battre?
SOSIE
Oui, moi; non pas le moi dici, Mais le moi du logis, qai frappe comme quatre.
AHPRITIITON'
Te confonde le ciel de me parier ainsi t
SOSIE
Ce oe sont point des badinages.
Le moi que j'ai trouvé tantôt Sur le moi qui vous parle a de gratta afvantages;
Il a le bras fort, le cœur haut :
J^en ai reçu des témoignages; Et ce diable de moi m'a rossé cooune il faut :
CVst un drôle qui fait des rages.
AMPHITRYON
Achevons. As-tu vu m« femme?
Non.
AMPHITRYON
Pourquoi?
SOSIE
Par une raison assez forte.
AMPHITRYON
Qui fa fait y manquer» maraud? Eipliqtie-toi.
SOSIE
Faut-il le répéter vingt fois de même sorte? 4tfoi, vous dis-je, ce moi plus robuste que moi; Ce moi qui s'est de force emparé de la porte;
Ce moi qui m'a fait filer doux ;
Ce moi qui le seul moi veut être ;
Ce moi de moi-même jaloux ;
Ce moi vaillant dont le courroux
Au moi poltron s'est fait connoitre;
Enfin ce moi qui suis ches nous;
488 AMPHITRYON
€c moi qai s'est montré mon maître ; Ce moi qui m'a roué de coups i.
AMPHITRYON
Il faut que ce matin, à force de trop boire, il se soit troublé le cerveau.
SOSIE
Je veux être pendu, si j^ai bu que de Teauf A mon serment on m'en peut croire.
AMPHITRYON
n faut donc qu'au sommeil tes sens se soient portés,. Et qu^un songe fâcheux, dans ses confus mystères,
T*ait fait Toir toutes les chimères
Dont tu me fais des vérités.
SOSIE
Tout aussi peu. Je n'ai point sommeillé,
Et n'en ai même aucune envie.
Je vous parle bien éveillé :
J'élois bien éveillé ce matin, sur ma vie. Et bien éveillé même étoit Tautre Sosie,
Quand il m'a si bien étrillé.
AMPHITRYON
Suis-moi, je t'impose silence.
C'est trop me fatiguer l'esprit; Et je suis un vrai fou d'avoir la patience D'écouter d'un valet les sottises qu'il dit.
SOSIE, à part.
Tous les discours sont des sottises.
Partant d'un homme sans éclat :
Ce seroient paroles exquises
' Piaule a fourni le rajet de celte tirade :
Bgomet mcmet, qui nanc mm domi, ete.
Rotroo a dit, après Plaute :
Moi que j'ai rencontré; moi qui suis sur la porte; Moi qui me suis moi-même ajuste de la sorte; Moi qui me suis chargé d'une grêle de coups; Ce mni qui m'a parlé, ce moi qui suis chea nottc.