‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 385 sur 479 · ACTE 11, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCENE I

Ce moi, plus tôt que moi, s'est au Logis trouvé ^ Et j'étois Teou, je tous jure.

Avant que je fusse arrivé t.

AMPHITRYON

D'où peut procéder, je te prie,

Ce galimatias maudit?

Est-ce songe? est-ce ivrognerie.

Aliénation d'esprit,

Ou méchante plaisanterie?

Mon, c'est la chose comme elle est,

Et point du tout conte frivole; Je suis homme d'honneur, j'en donne ma parole;

Et vous m'en croirez, s'il vous plait.

Je vous dis que, croyant n'être qu'un seul Sosie,

Je me suis trouvé deux chez nous; Et que de ces deux moi, piqués de jalousie, L'un est à la maison, et l'autre est avec vous; Que le moi que voici, chargé de lassitude, A trouvé l'autre moi frais, gaillard et dispos,

Et n'ayant d'autre inquiétude

Que de battre et casser des os.

AMPHITRYON

11 faut être, je le confesse, D'un esprit bien posé, bien tranquille, bien doux. Pour souffrir qu'un valet de chansons me repaisse.

SOSIE

Si vous vous mettez en courroux.

Plus de conférence entre nous ; Vous savez que d'abord tout cesse.

AMPHITRYON

Non, sans emportement je te veux écouter, Je l'ai promis. Mais dis, en bonne conscience.

' < PrfiM mvlto tnte cdet stabam qoam illo tciveneraiB. >

(Pilote.)

SOSIE

rai trouvé, qaaod bien las j'ai raa coorse achevée...

Qooi?

SOSIE

Que j'étois chez nous svani mon arrivée.

(Rolrou.

486 AMPHITRYON

- Au^ mysiére nouveau q«e eu me viens conter Est-il quelque ombre 4*apparence?

SOSIE

Non ; vous avez raison, et la chose à chacun

Hors de créance doit poroUre.

C'est un fait à n*y rien connoltre, Un conte extravagant, ridieule, importun :

Cela choque le sens commun;

Mais cela ne laisse pas <f être.

AMPBfTRTON.

Le moyen d'en rien croire, à moins qu'être imenséf

SOSIB.

Je ne Tai pas eru, moi, sans une peine extrême.

Je me suis d'être deux senti Tesprii blessé,

Et longtemps d'imposteur j'ai traité ce moi-même.

Mais à me reconnottre enfin il m'a forcé ;

J'ai vu que c'étoit moi, sans aucun stratagème :

Des pieds jusqu^à la tête il est comme moi feil,

Beau» Taif noble, bien pris, les maniéret charmantes ;

Enfin, deus gouttes de lait

Ne sont pas plus ressemblantes; Et, n'étoit que ses mains sont un peu trop pesantes,

J'en serois fort satisfait

AMPHITRYPN.

A quelle patience il faut que je m'exhorte ! Mais enfin, n'esi-tu pas entré dans la maisons

SOSIE

Bon, entré 1 Hé! de quelle sorte?

Ai-je voulu jamais entendre de raison?

Et ne me suis-je pas interdit notre porte?

ÂXPBITHYON.

Comment done ?

SOSIE

Avec un bâton.

Dont mon dos sent encore une douleur très ferle.

AMPHITRYON

On t'a battu?

SOSIE

Vraiment !

Etx|ui?

Page 1