‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 397 sur 479 · SCÈNE VI. - JUPITER, ALCMÈNE, CLÉANTHIS, SOSIE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. - JUPITER, ALCMÈNE, CLÉANTHIS, SOSIE

Voulez- VOUS me désespérer?

Hélas ! arrêtez, belle Alcmène.

ALCMENE.

Non, avec Fauteur de ma peine Je ne puis du tout demeurer.

JUPITEB.

De grâce 1

ALCMÈNE

Laissez-moi.

JUPITER

Quoi!

ALCMÈNE

Laissez-moi, vous dis-je.

JUPITER, bas, à part.

Ses pleurs touchent mpn ame, et sa douleur m'afflige

(Maul.)

Souffrez que mon cœur...

ALCMÈNE

Non, ne suivez point mes pas.

JUPITER

Où voulez- vous aller?

ALCMÈNE

Où vous ne serez pas '.

Ce vous est une attente vaine.

Je tiens à vos beautés par un nœud trop serré,

' Molière a dit encore daot la scène iv de â'acie II de Don Gareis: *

DON &ARCIE.

Où fiiyez-voiis?

DONE EI.VinE.

Ou vous ne seiTï point, trop cdicux jaloux.

504 AMPHITRYON

Pour pouvoir un iiioinent en élre séparé. Je vous suivrai partout, Âlemène.

AIXULNE.

Et moi, partout je vous fuirai.

JUPITER

Je suis donc bien épouvantable!

ALCMÈNE

Plus qu'on ne peut dire, à mes yeux.

Oui, je vous vois comme un monstre effroyable,

Un monstre cruel, furieux,

Et dont rapproche est redoutable;

Comme un monstre à fuir en tous lieux. Mon cœur souffre, à vous voir, une peine incroyable :

C'est un supplice qui m^accable :

Et je ne vois rien sous les cieux

D'affreux, d'horrible, d'odieux, Qui ne me fût plus que vous supportable.

JUPITER

En voiln bien, hélas ! que votre bouche dit.

ALCMÈNE

J en ai dans le cœur davantage ; Et, pour s'exprimer tout, ce cœur a du dépit De ne point trouver de langage.

JUPITER

Hél que vous a donc fait ma flamme, Pour me pouvoir, AIcmènc, en monstre regarder?

ÂLCHÈNE.

Ah ! juste cietl cela peut-il se demander? Et Ji'est-ce pas pour mettre à bout une ame?

JUPITER

Ahl d'un esprit plus adouci...

ALCMENE.

Non, je ne veux du tout vous voir, ni vous entendre.

JUPITER

Avez- vous bien le cœur de me traiter ainsi?

Estrce là cet amour si tendre Qui devoit tant durer quand je vins hier ici?

ALCMÈNE

Non, non, ce ne l'est pas, el vos lâches injures

En ont autrement ordonné.

H n'es! plus, cet amour tendre et passionné;

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