‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 412 sur 479 · ACTE 111, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE V

AHPmTRTOM.

C'est trop élre éludés^ par ud fourbe exécrable; li faut avec ce fer i*ooipre reachahleaient.

NAUCEATÈS, i Amphitryon, qui • «ii l'épée à la avais.

Arrêtez.

AMPHITRYON

Laissez-moi.

NAUGRATÈS.

DieuK ! que voule»«vous faire ?

AMPHITRYON

Punir d'un innposteur les lâcbes irabisODS.

JUPITER

Tout beau! Temportement est fort peu nécessaire; Et lorsque de la sorte on se met en colère, On fait croire qu'on a de mauvaises raisons.

SOSIE

Oui, c'est un encbanleur qui porte un caractère Pour ressembler aux maîtres des maisons.

AMPHITRYON, à So««.

Je te ferai, pour ton partage, Sentir par mille coups ces propos outrageants.

SOSIE

Mon maître est homme de courage, Et ne souffrira point que l'on batte ses gens.

AMPHrrRYON.

Laissez-moi m'assouvir dans mon courroux extrême, Et laver mon affront au sang d'un scélérat.

NAVCRATÈS, arréUat Amphitryon.

Nous ne souffrirons point cet étrange combat D'Amphitryon contre lui-même.

AMPHITRYON

Quoi I mon honneur de vous reçoit ce traitement! Et mes amis d'un fourbe embrassent la défense I Loin d'être les premiers à prendre ma vengeance, Eux-mêmes fout obstacle à mon ressentiment!

NAUCRATÈS

Que voulez-vous qu'à cette vue Fassent nos résolutions, lorsque par deux Amphitryons

'Éludéi dans k sent du v«i-be laiio ehtdwe, qui veut dire duptr^ (ciérber .

520 AMPHITRYON

Toute noire chaleur demeure suspendue?

A vous faire éclater notre zèle aujourd'lini, Nous craignons de faillir et de vous méconnoUre. Nous voyons bien en vous Amphitryon paroître, Du salut des Thébains le glorieux appui ; Mais nous le voyons tous aussi paroitre en lui, Et ne saurions juger dans lequel il peut être.

Noire parti n'est point douteux, Et TtiTiposteur par nous doit mordre la poussière ; Mais ce parfait rapport le cache entre vous deux;

Et c'est un coup trop hasardeux

Pour Ten (reprendre sans lumière.

Avec douceur laissez-nous voir De quel côlé peut être Timposture; Et, dès que nous aurons démêlé l'aventure. Il ne nous faudra point dire notre devoir.

Oui, vous avez raison ; et cette ressemblance A douter de tous deux vous peut autoriser. Je ne m'offense point de vous voir en balance; Je suis plus raisonnable, et sais vous excuser. L'œil ne peut entre nous faire de différence, Et je vois qu'aisément on s'y peut abuser. Vous ne me voyez point témoignes de colère,

Point mettre' répée à la main; C'est un mauvais moyen d eclaircir ce mystère. Et j'en puis trouver un plus doux et plus certain.

L'un de nous est Amphitryon ; Et tous deux à vos yeux nous le pouvons paroitre. C'est à moi de finir cette confusion; Et je prétends me faire à tous si bien connoître, Qu'aux pressentes clartés de ce que je puis être Lui-même soit d'accord du sang qui m'a fait naître. Et n'ait plus de rien dire aucune occasion. C'est aux yeux des Thébains que je veux avec vou» De la vérité pure ouvrir la connoissance ; Et la chose sans doute est assez d'importance

Pour affecter la circonstance

De l'éclaircir aux yeux de tous.

AIcmène attend de moi ce public témoignage; Sa vertu, que l'éclat de ce désordre outrage.

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