ACTE m, SCÈNE XI. 52D
Je n'y vois pour ta flamme aucun lieu de murmure ;
Et c'est moi, dans cette aventure, Qui, tout dieu que je suis, dois être le jaloux. AIcmènc est toute à toi, quelque soin qu'on emploie; Et ce doit à tes feux être un objet bien dotii De >oir que pour lui plaire il n'est point d'autre voie
Que de paroUre son époux :
Que Jupiter, orné de sa gloire immortelle, Par lui-même n'a pu triompher de sa foi ;
Et que ce qu'il a reçu d'elle N'a y par son cœur ardent, été donné qu'à foi.
SOSIE
Le seigneur Jupiter sait dorer la pilule ^
JUPITER
Soi*s donc des noirs chagrins que ton cœur a soufferts, Et rends le calme entier à Tardeur qui te brûle : Chez toi doit naître un fils qui, sous le nom d'Hercule ^, Remplira de ses faits tout le vaste univers. L'éclat d'une fortune en mille biens féconde Fera connoitre à tous que je suis ton support ; Et je mettrai tout le monde Au point d'envier ton sort.
Tu peux hardiment te flatter
De ces espérances données.
C'est un crime que d'en douter :
Les paroles de Jupiter
Sont des arrêts des destinées.
(Il se perd dan« \et nuet.) NAUCRATÈS.
Certes, je suis ravi de ces marques brillantes...
SOSIB.
Messieurs, voulez-vous bien suivre mon sentiment? Ne vous embarquez nullement Dans ces douceurs congratulantes :
C'est un mauvais embarquement ;
' Ce vers est devenu proTcrbe ; l'idée en appartient à Rolron :
On appelle cela lui sucrer le breuvage.
*Dans Piaule, Alcmèite acooutlie «le deux enfants à la (in de In pièce: Bnimia, témoin de cet accouchement, en Tail un long récita Ampli Iryon, ei lui racuiilc lot miracles doul la nuiiisaiice de ces onfunls a élc accompagnée.
(Luneati de Boisjermniu. )
âo AMPHITRYON.
Et d'une et d'autre part, pour un tel oompliineot,
Les phrases sont embarrassantes.
Le grand dieu Jupiter nous fait beaucoup d'honneur, Et sa bonté, sans doute, est pour nous sans seconde; H nous promet l'infaillible bonheur D'une fortune en mille biens féconde, Et chez nous il doit naître un fils d'un très grand cœur :
Tout cela va le niieui du monde :
Mais enfin, coupons aux discours.
Et que chacun chez soi doucement se retire.
Sur telles affaires toujours
Le meilleur est de ne rien dire.
ri M d'ampoitbton.
GEORGE DAJVfDIN,
ou