‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 419 sur 479 · ACTE m, SCÈNE XI. 52D · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE XI. 52D

Je n'y vois pour ta flamme aucun lieu de murmure ;

Et c'est moi, dans cette aventure, Qui, tout dieu que je suis, dois être le jaloux. AIcmènc est toute à toi, quelque soin qu'on emploie; Et ce doit à tes feux être un objet bien dotii De >oir que pour lui plaire il n'est point d'autre voie

Que de paroUre son époux :

Que Jupiter, orné de sa gloire immortelle, Par lui-même n'a pu triompher de sa foi ;

Et que ce qu'il a reçu d'elle N'a y par son cœur ardent, été donné qu'à foi.

SOSIE

Le seigneur Jupiter sait dorer la pilule ^

JUPITER

Soi*s donc des noirs chagrins que ton cœur a soufferts, Et rends le calme entier à Tardeur qui te brûle : Chez toi doit naître un fils qui, sous le nom d'Hercule ^, Remplira de ses faits tout le vaste univers. L'éclat d'une fortune en mille biens féconde Fera connoitre à tous que je suis ton support ; Et je mettrai tout le monde Au point d'envier ton sort.

Tu peux hardiment te flatter

De ces espérances données.

C'est un crime que d'en douter :

Les paroles de Jupiter

Sont des arrêts des destinées.

(Il se perd dan« \et nuet.) NAUCRATÈS.

Certes, je suis ravi de ces marques brillantes...

SOSIB.

Messieurs, voulez-vous bien suivre mon sentiment? Ne vous embarquez nullement Dans ces douceurs congratulantes :

C'est un mauvais embarquement ;

' Ce vers est devenu proTcrbe ; l'idée en appartient à Rolron :

On appelle cela lui sucrer le breuvage.

*Dans Piaule, Alcmèite acooutlie «le deux enfants à la (in de In pièce: Bnimia, témoin de cet accouchement, en Tail un long récita Ampli Iryon, ei lui racuiilc lot miracles doul la nuiiisaiice de ces onfunls a élc accompagnée.

(Luneati de Boisjermniu. )

âo AMPHITRYON.

Et d'une et d'autre part, pour un tel oompliineot,

Les phrases sont embarrassantes.

Le grand dieu Jupiter nous fait beaucoup d'honneur, Et sa bonté, sans doute, est pour nous sans seconde; H nous promet l'infaillible bonheur D'une fortune en mille biens féconde, Et chez nous il doit naître un fils d'un très grand cœur :

Tout cela va le niieui du monde :

Mais enfin, coupons aux discours.

Et que chacun chez soi doucement se retire.

Sur telles affaires toujours

Le meilleur est de ne rien dire.

ri M d'ampoitbton.

GEORGE DAJVfDIN,

ou

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