ACTE III, SCÈNE X
SOSIE
L'on m'a chassé tout net; Kij croyant à manger m'aller comme eux ébattre,
Je ne songeois pas qu'en effet
Je m'attendois là pour me bal Ire.
Oui, Tautre moi, valet de Taulre vous, a fait
Tout de nouveau le diable à quatre.
f^a rigueur d'un pareil destin,
Monsieur, aujourd'hui nous talonne ;
Et Ton me des-Sosie enfin
Comme on vous des^Âmpbitryonne *.
AMPHITRYON
Suis-moi.
sosie.
N'est-il pas mieux de voir s'il vient personne?
SCÈNE IX. — CLÉANTHIS, AMPHITRYON, ARGATIPHON- TIDAS. POLIDAS, NAUCRATÈS, PAUSICLÈS, SOSIE.
OLÉANTUIS.
Ociel!
AMPHITRYON
Qui t'épouvante ainsi?
Quelle est la peur que je t'inspire?
CLÉANTHIS.
Las! vous êtes là-haut, et je vous \ois ici!
NAUCRATÈS, à Ampliilryon.
Ne vous pressez point; le voici Pour donner devant tous les clartés qu'on désire, Et qui, si l'on peut croire à ce qu'il vient de dire. Sauront vous affranchir de trouble et de souci.
SCÈNE X. - MERCURE , AMPHITRYON , ABGATIPHON. TIDAS, POLIDAS, NAUCRATÈS, PAUSICLÈS, CLÉAN- THIS, SOSIE.
MERCURE
Oui, vous l'allez voir tous; et sachez par avance
* Plaote est plein de jeux de mot» de ce geiiru. Il est probable qu'un vers du rr»>iummu«, oùPianie joue sur le nom de Charmides, a donné à llolirre l'idée de ce cbarmunl badinage :
m cliarmidalus ps rureum recbarmida.
(Voyez acte IV, K-èue II.) .Aiirë Martin.)
5S8 ÂMFIllTHYOïN.
Que c'est le grand maître des dieui Que, sous les traits chéris de cette ressemblaooe, Âlcméiie a fait du ciel descendre dans ces lieux.
Et quant à moi, je suis Mercure, Qui, ne sachant que faire, ai rossé tant soit peu
Celui dont j'ai pris la figure :
Mais de s'en consoler il a maintenant lieu;
Et les coups de bâton d'un dieu
Font honneur à qui les endure.
Ma foi, monsieur le dieu, je suis votre valet : Je me serois passé de votre courtoisie.
MERCCBE.
Je lui donne à présent congé d'être Sosie ; Je suis las de porter un visage si laid; Et je m'en vais au ciel, avec de l'ambroisie. M'en débarbouiller tout à fait.
(Mercure s'eovole au ciel.) SOSIE.
Le ciel de m'approcher Voie à jamais Tenvie ! Ta fureur s'est par trop acharnée après moi ;
Et je ne vis de ma vie
Un dieu plus diable que toi.
SCÈNE XI. — JUPITER, AMPHITRYON, NAUCRATÈS. ARGATIPHONTIDAS, POLIDAS, PAUSICLÈS, CLÉAN- THIS, SOSIE.
JCPITER, nonoocé par le brait du tonnerre, armé de son fondre, dans un nuagr, tar son aigle.
Regarde, Amphitryon, quel est ton imposteur; Et sous tes propres traits vois Jupiter paroitre. A ces marques tu peux aisément le connoitre; Et c'est assez, je crois, pour remettre ton cœur
Dans l'état auquel il doit être, Et rétablir chez toi la paix et la douceur. Mon nom, qu'incessamment toute la terre adore, Étouffe ici les bruits qui pouvoient éclater.
Un pmtage avec Jupiter
N'a rien du tout qui déshonore ; Et, sans doute, il ne peut être que glorieux De se \oir le rival du souverain des dieux.