ACTE II, SCÈNE XI. m:i
Tamour pour moi, et que vous faites des desseins de me solliciter; j'en témoigne mon dépit, et m'explique à yous clairement en présence de tout le monde; vous niez hautement la chose, et me donnez parole de n'avoir aucune pensée de mWfenser; et cependant, le même jour, vous prenez la hardiesse de venir chez moi me rendre visite, de me dire que vous m^aimez, et de me faire cent sots contes pour me persuader de répondre à vos extravagances : comme si j'étois femme à violer la foi que j'ai donnée à un mari, et m'éloigner jamais de la vertu que mes parents m'ont enseignée ! Si mon père savoit cela, il vous apprendroit bien à tenter de ces entreprises ! Mais une honnête femme n'aime point les éclats : je n'ai garde de lui en rien dire (aprè« aroir fau signe a Claudine d'apporter un bftion), et je veux VOUS montrer que, toute femme que je suis, j'ai assez de courage pour me venger moi-même des offenses que l'on me fait. L'action que vous avez faite n'est pas d'un gentilhomme, et ce n'est pas en gentilhomme aussi que je veux vous traiter.
(Angéliqoe pr«Dd le bftton et le lève sur Cliiandre, qui se lange de façon que les coups lombeol snr George Damlin.]
CLITANDRE, criant comme s'il avoil été frappé.
Âh I ah ! ah ! ah ! ah I doucement.
SCÈNE XI. — MONSIEUR et MADAME DE SOTENYILLE, ANGELIQUE, GEORGE DANDIN, CLAUDINE.
CLAUDINE
Fort, madame! frappez comme il fiiut.
ANGÉLIQUE, Caisant semblant de parler à Clitandre.
S'il vous demeure quelque chose sur le cœur, je suis pour vous répondre^.
GLAIDINI.
Apprenez à qui vous vous jouez.
ANGÉLIQUE, faisant l'etonniÇe.
Ah ! mon père, vous êtes là !
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Oui, ma fille ; et je vois qu'en sagesse et en courage tu le
•Dans la Jalousie du Barbouillis le Barbouillé, suivi de MIebrequin, son beau-père, veut surprendre sa femme, et celle-ci donne des coups de bftton & son mari, en feignant de les donner à son galant : Molière a conservé celte scène.
(Aimé Martin.)