ACTE I, SCÈNE II
il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid pour lui ; et si je te disois le nom de toutes celles qu il a épousées en divers lieui , ce seroit un chapitre à durer jusqu'au soir. Tu demeures surpris , et changes de couleur à ce discours : ce n'est là qu'une ébauche du personnage; et, pour en achever le portrait, il faudroit bien d'autres coups de pinceau. SufQt qu'il faut que le courroux du ciel Taccable quelque jour ; qu'il me vaudroit bien mieux d'être au diable que d être à lui, et qu'il me fait voir tant d'horreurs, que je souhailerois qu'il fût déjà je ne sais où. Mais un grand seigneur méchant homme est une terrible chose; il faut que je lui sois Ûdèle, en dépit que j'en aie ; la crainte en moi fait TofOce du zélé, bride mes sentiments, et me réduit d'applaudir bien souvent à ce que mon ame déteste. Le voilà qui vient se promener dans ce palais, séparons-nous. Écoute, au moins : je t'ai fait cette conGdeuce avec franchise , et cela m'est sorti un peu bien vite de la bouche; mais, s'il falloit qu'il en vint quelque chose à ses oreilles , je dirois hautement que tu aurois menti.