‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 70 sur 479 · ACTE H, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE V

CHARLOTTE

S'il VOUS a vue la première, il m'a vue la seconde, el m*a promis de m'épouser.

DON JUAN, ba«, à Maliiurine.

Hé bien! que vous ai-je dit?

MATHURINE, à CbarloUe.

Je vous baise les mains; e'est moi, el non pas vous, qu'il a promis d'épouser.

DON JUAN, bas, à Charlotte.

N'ai-jepas deviné?

CHARLOTTE

* A d'autres, je vous prie ; c'est moi, vous dis^jc.

MATHURINE

Vous vous moquez des gens ; c'est moi encore un coup.

CHARLOTTE

Le vlà qui est pour le dire, si je n'ai pas raison.

MATHURINE

Le vlà qui est pour me démentir, si je ne dis pas vrai.

CHARLOTTE

Est-ce, monsieu, que vous lui avez promis de l'épouser?

DON JUAN, bas, à CbarloUe.

Vous VOUS raillez de moi,

MATHURINE

Est-il vrai, monsieu, que vous lui avez donné parole d être soa mari ?

DON JUAN, bas,à Malhurine.

Pouvez-vous avoir cette penst'^e?

CHARLOTTE

Vous voyez qu'ai le soutient

DON JUAN, bas, à CkarloUe,

Laissez-la faire.

MATHURINE

Vous êtes témoin comme al l'assnro.

DON JUAN, bas, à Matliiirine.

Laissez-la dire.

CHARLOTTE

Non, non, il faut savoir la vërilé.

MATHURINE

Il est question de juger ça.

CHARLOTTE

Oui, Malhurine, je veux que nionsieo vous monlre votre bec jaune.

MATHURINE

Oui, Charlolle, je veux que inoDsieu vous rende un peu camuse '.

CHARLOTTE

Monsieu, videz la querelle, s'il vous plaît

MATHVRINE.

Blettez-nous d'accord, monsieu.

CHARLOTTE, à Malhurine.

Vous allez voir.

MATHCRINE, à Charlotte.

Vous allez voir vous-même.

CHARLOTTE, à don Juan.

Dites.

M ATHURINE, à don Juan.

Parlez.

DON JUAN

Que voulez- VOUS que je dise? Vous soutenez également toutes deux que je vous ai promis de vous prendre pour femmes. Est-ce que chacune de vous ne sait pas ce qui en est. sans qu'il soit nécessaire que je m'explique davantage? Pourquoi m'obliger là-dessus è des redites? Celle à qui j'ai promis effectivement n'a-t-elle pas, en elle-même, de quoi se moquer des discours de Tautre; et doit-elle se mettre en peine, pourvu que j'accomplisse ma promesse? Tous les discours n'avancent point les choses. Il faut faire^et non pas dire; et les effets décident mieux que les paroles. Aussi, n'est-ce rien que par là que je vous veux mettre d'accord ; et Ton verra, quand je me marierai, laquelle des deux a mon cœur, (bas, à Mathorine.) Laissez-lui croire ce qu'elle voudra, (bas, à charlotte.) Laissez-la se flatter dans son imagination, (bas, à Hathurine.) Je VOUS adore. (bas, à Charlotte.) Je SUIS

tout à vous, (bas, à Malhurine.) Tous los visages sont laids auprès du vôtre, (bas, à Charlotte.) Oo ne peut plus souffrir les

' Métaphoriquement, casser le nex, rendre courus. On remarquera, dit M. Génin, que l'on emploie à rendre la même pensée deux images contraires, être camus, el avoir un pied de nez

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