ACTE 111, SCÈNE VI
DON ALONSE
0 letraDge foiblesse, ei raveug^Ieinenl effioyable de hasarder ainsi les intérêts de son honneur pour la ridicule pensée d'une obligation cliimérique !
DON CARLOS
Non, mon frère, ne vous mettez pas en peine. Si je fais une faute, je saurai bien la réparer, et je me charge de tout le soin de notre honneur; je sais à quoi il nous oblige, et cette suspension d'un jour , que ma reconnoissance hii demande, ne fera qu'augmenter l'ardeur que j'ai de le satisfaire. Don Juan , vous voyez que j'ai soin de vous rendre le bien que j'ai reçu de vous , et vous devez par-là juger du reste, croire que je m'acquitte avec ta même chaleur de ce que je dois, et que je ne serai pas moins exact à vous payer l'injure que le bienfait. Je ne venu point vous obliger ici à expliquer vos sentiments, et je vous donne la liberté de penser à loisir aux résolutions que vous avez à prendre. Vous connoissez assez la grandeur de l'offense que vous nous avez faite, et je vous fais juge vous-même des réparations qu'elle demande. 11 est des moyens doux pour nous satisfaire; il en est de violents et de sanglants: mais enfîn, quelque choix que vous fassiez, vous m'avez donné parole de me faire faire raison par don Juan. Songez à me la faire, je vous prie, et vous ressouvenez que , hors d'ici , je ne dois plus qu'à mon honneur.
DON JUAN
Je n^ai rien exigé de vous , et vous tiendrai ce que j'ai promis.
DON CARLOS
Allons, mon frère; un moment de douceur ne fait aucune injure à la sévérité de notre devoir.