SUR LA CAUSE DE L*ÊCHO
PaOIfOlfGi LE 4*' MAX 4748.
Le jour de la naissance d'Auguste , il naquit un laurier dans le palais, des branches duquel on couronnoit ceux qui avoient mérité rhonneur du triomphe.
Il est né , messieurs , des lauriers avec cette Académie , et elle s*en sert pour faire des couronnes aux savans qui ont triomphé des savans. Il n*est point de climat si reculé d*où Ton ne brigue ses suffrages : dépositaire de la réputation, dispensatrice de la gloire, elle trouve du plaisir à consoler les philosophes de leurs veilles, et à les venger , pour ainsi dire , de l'injustice de leur siècle et de la jalousie des petits esprits.
Les dieux de la fable dispensoient différemment leurs faveurs aux mortels : ils accordoient aux âmes vulgaires une longue vie, des plaisirs , des richesses ; les pluies et les rosées étoient les récompenses des enfans de la terre ; mais aux âmes plus grandes et plus belles ils réservoient la gloire , comme le seul présent digne d'elles.
C'est pour cette gloire que tant de beaux génies ont travaillé, et c'est pour vaincre, et vaincre par l'esprit, cette partie de nousmêmes la plus céleste et la plus divine.
Qu'un triomphe si personnel a de quoi flatter! On a vu de grands hommes, uniquement touchés des succès qu'ils dévoient à leurs vertus, regarder comme étrangères toutes les faveurs de la fortune. On en a vu , tout couverts des lauriers de Mars , jaloux de ceux d'Apollon , disputer la gloire d'un poëte et d'un orateur :
« Tanlus amor laudum , tanls est Victoria caus» * ! »
Lorsque ce grand cardinal * à qui une illustre académie doit son institution, eut vu l'autorité royale affermie, les ennemis de la France consternés, et les sujets du roi rentrés dans l'obéissance,
4 Virg., Geùrg.fUl, 443.^2. Bichelieu.
qui n*eût pensé que ce grand homme étoit content de lui-même? Non : pendant qu'il étoit au plus haut point de sa fortune , il y avoit dans Paris, au fond d'un cabinet obscur, un rival secret de sa gloire; il trouva dans Corneille un nouveau rebelle qu'il ne put soumettre. G'étoit assez qu'il eût à soutenir la supériorité d'un autre génie *, et il n'en fallut pas davantage pour lui faire perdre le goût d'un grand ministère qui devoit faire l'admiration des siècles à venir.
Quelle doit donc être la satisfaction de celui qui , vainqueur de tous ses rivaux, se trouve aujourd'hui couronné par vos mains I
Le sujet proposé étoit plus difficile à traiter qu'il ne paroît d'abord : c'est en vain qu'on prétendroît réussir dans l'explication de l'écho, c'est-à-dire du son réfléchi, si l'on n'a une parfaite connoissance du son direct; c'est encore en vain que l'on iroit chercher du secours chez les anciens, aussi malheureux sans doute dans leurs hypothèses que les poètes dans leurs fictions , qui attribuèrent l'effet de l'écho aux malheurs d'une nymphe causeuse, que Junon irritée changea en voix, pour avoir amusé sa jalousie , et, par la longueur de ses contes (artifice de tous les temps) , l'avoir empêchée dft surprendre Jupiter dans les bras de ses maîtresses.
Tous les philosophes conviennent généralement que la cause de l'écho doit être attribuée à la réflexion des sons, ou de cet air qui, * frappé par le corps sonore , va ébranler l'organe de l'ouïe : mais s'ils conviennent en ce point, on peut dire qu'ils ne vont pas longtemps de compagnie, que les détails gâtent tout, et qu'ils s'accordent bien moins dans les choses qu'ils entendent que dans celles qu'ils n'entendent pas.
Et premièrement, si^ cherchant la nature du son direct, on leur demande de quelle manière l'air est poussé par le corps sonore , les uns diront que c'est par un mouvement d'ondulation , et ne manqueront pas d'alléguer l'analogie de ces ondes avec celles qui sont produites dans l'eau par une pierre qu'on y jette ; mais les autres , à qui cette comparaison paroît suspecte , commenceront dès ce moment à faire secte à part; et on les feroit plutôt renoncer au titre de philosophe que de leur faire passer l'existence de ces ondes dans un corps fluide tel que l'air, qui ne fait point, comme l'eau, une surface plane et étendue sur un fond: sans compter que, dans ce système, on devroit, disent-ils, entendre plusieurs fois le même coup de cloche , puisque la même impression fonne plusieurs cercles et plusieurs ondulations.
Ils aiment donc mieux admettre des rayons directs qui vont, sans se détourner, de la bouche de celui qui parle, à l'oreille de celui, qui entend ; il sufQt que l'air soit pressé par le ressort du corps sonore, pour que cette action se communique.
Que si , considérant le son par rapport à la vitesse , on demande à
40â mSÊOUtiB ACADâltlQUfiS,
Ma ée* phitoée^heà p6ar(}u€i! fl ta tânjèui^» éf^fUétiBiélif f Ite , ««h qu'il 6dit grâtid, toit qu'il iaii foiblé; ëi piourquoi tià ëftn<ki qtti «st à cent soixante et onté toisei de nôu», deMoUnltit une seconde à se âûi^ «&têfidt0, tout autre brUit, qtielqttô foibltt qùil soît, ne vit pas moins fite; da troutera le mbyeù âé Se Mtt tespéttér^ et an les obligera, ou ft atotier qu'ils en ignorent là raison, eu du aioiàs on les réduira à entrer dans do grands ralsonnèlftons , c« qui est précisément la même chose.
Qtto si l'on entre plus avant en matière , et qu'on tienne à les interroger sur la cause de l'écho , le vulgaire répondra d*a]M>rd que la réflexion suffit; et on verra d'un autre cdté un seul hommo qui répond qu'elle ne suffit pas. Peut -être goûtera-t-on ées raisons, surtout si on peut se défaire de ce préjugé , iin c&ntre toits.
Or, de cent, qvti n'admettent que la réflexion sottlo^ le» tt&s diront que toutes sirrtes do réflexions produisent dos éehoit^ et en admettront autunt que de sons réfléchis, mhté nnraillea d'une chambre, disent^ils, feroient e&tendre un écho^ si eUos n'étcâent trop proohes de nous, et ne nous envOyoient le soiÉi réfiécki àsoi le inôme instant que notre oreille est frappée par 10 son ^mct. » Selon eux, tout est rempli d'échos : /ovti omHi» pl^fUih YOUS diHez que, comme HéraoUte, ils admettent un concert et Un« harmonie dans l'univers, qu'une longue habitude nous âéroi)éi d'autant mieux qiie la réflexion étant sontent dirigée téfs d«è lldilt différons de cftfai! où se produit lé son, pafeè qu'elle se ftiit toujours pâi un angld égal à celui d'inoidenoe , il arHte souvent qUo réebo be rend point les soni à éelui qui les envoie : dette tiyiûpHë no répond pas toujours à celui qui lui parle ; il y A dé^ occasions où sa voix est méconnue de coux mèiÀéS qui l'ènttodont; eë qui Jitouflroit peut^tre servir à faire casser bien du merveilleux , et m teûAn raison do ces vois entënduoa en l'tir^ que Rome, eitto fille des sept moatagnes, mottoit si souvent au nombre d«t prodiges*.
Mais les «tttires, qui ne croient pas U nataro si libétuie^ teulent des lieux et des situatsens partieulières | ce qui ÙA% qufllf vwiem