XXXVII. — Ad comte d'Argbnson
A Geaève, le 4.7 féTrier 4749.
Monseigneur ,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 31 du mois dernier, par laquelle vous m'ordonnez de vous envoyer les cartons de V Esprit des Lois. Si je n'y ai pas répondu plus tôt, c'est que j'ai trouvé quelques difficultés pour exécuter cet ordre. On a d'abord exigé de moi que je m'engageasse positivement qu'il ne seroit fait de ces cartons aucun usage qui pourroit préjudicier à l'auteur ou à l'imprimeur. J'ai eu cette facilité, dans la persuasion que vous voudrez bien, monseigneur, ne pas me désavouer. Ensuite, on a prétendu que ces cartons étoient dans les maculatures , qu'on en avoit brûlé beaucoup, et qu'il seroit difficile d'en ramasser l'assortiment. Enfin , on m'a fourni ceux que vous trouverez ci-joints. Il y en a un ou deux qui sont maltraités , mais on m'a assuré qu'il n'existe point d'autres feuilles de ceux-là. Je ne crois pas, monseigneur, que vous trouviez que ces cartons répondent à l'idée qu'on a pu vous donner; à deux ou trois changemens près , qui sont de quelque considération, les autres ne sont que des corrections purement grammaticales. Je suis bien flatté, monseigneur, d'avoir pu réussir dans une chose qui vous est agréable, et je ne désirerai jamais rien avec plus d'empressement que les occasions de vous marquer le respect infini avec lequel j'ai l'honneur d'être, monseigneur, etc.