XXXVIII. — Ad chevalier d'Aydies
Bordeaux, ce 24 février 4 749.
Je vous prie de parler de moi à M. et Mme de Mirepoix, à M. de Forcalquier, à Mmes de Hochefort et de Forcalquier, à Mme du Defiand, à M. et Mme du Ghâtel, à M. de Bermestorf; sachez, je vous pne, s'ils ont quelque souvenir de mpi. N'oubliez pas le président.
Ce que j['ai le plus vu dans votre lettre , mon cher chevalier , c'est votre amitié; et il me semble qu'en la lisant je faisois plus d'usage de mon cœur que de mon esprit. Je suis bien rassuré par vous sur le bon succès de VEsprit des Lois à Paris. On me mande des choses fort agréables d'Italie; je ne sais rien des autres pays.
iKon cher chevalier , pourquoi les gens d'affaires se croient-ils attaqués ? J'ai dit que les chevaliers , à Home , qui faisoient beaucoup mieux leurs affaires que vous autres chevaliers ne faites ici les vôtres, avoient perdu cette république; et je ne l'ai pas dit, mais je l'ai démontré. {Pourquoi prennent-ils là dedans une part que je ne leur donne pasf
J'aurois grande envie de revenir; mais je serai encore ici quelques
mois , occupé à rétablir une fortune honnête : il m'eh coûte le plaisir de vous voir, et il me faudroit de grands dédommagemens. Je n'en sais point, mon cher chevalier, parce qu'il n'y a rien de comparable au bonheur de vivre avec vous.
Parlez, je vous prie, de moi à tous nos amis.