‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 2)Chapitre 212 sur 244 · LXXII. — A LA MâlIB · texte numérisé non relu

LXXII. — A LA MâlIB

De la Brède , le 4 3 septembre 4752.

Je commence par votre apostille. Vous dites que vous êtes aveugle! Ne voyez -vous pas que nous étions autrefois, vous et moi, de petits esprits* rebelles qui furent condamnés aux ténèbres ? Ce qui doit nous consoler , c'est que ceux qui voient clair ne sont pas pour cela lumineux. Je suis bien aise que vous vous accommodiez du savant Bailly : si vous pouvez gagner ce point , que vous ne l'amusiez pas trop , vous êtes bien ; et quand cela ira trop loin , vous pourrez l'envoyer à Chaulnes.

Je ferai sur la place de l'Académie ce que voudront Mme de Mirepoix, Dalembert, et vous; mais je ne vous réponds pas de M. de Saint-Maur : car jamais homme n'a tant été à lui que lui. Je suis bien aise que ma défense ait plu à M. Le Monnier. Je sens que ce qui y plaît est de voir , non pas mettre les vénérables théologiens à * terre , mais de les y voir couler doucement.

Il est très-singulier qu'une dame qui a un mercredi n'ait point de nouvelles. Je m'en passerai. Je suis ici accablé d'affaires : mon frère est mort. Je ne lis pas un livre , je me promène beaucoup , je pense souvent à vous , je vous aime. Je vous présente mes respects.

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