‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 2)Chapitre 24 sur 244 · CHAPITRE Vlir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlir

gioaméme, les institutions anciennes, et la suppression des jours d'assemblée, sous prétexte que les auspices n'avoient pas été fayorables; par les cliens; par l'opposition d'un tribun à un autre; par la création d'un dictateur * , les occupations d'une nouvelle guerre , ou les malheurs qui réunissoient tous les intérêts ; enfin par une condescendance paternelle à accorder au peuple une partie de ses demandes pour lui faire abandonner les autres, et cette maxime constante de préférer la conservation de la républi(iue aux prérogatives de quelque ordre ou de quelque magistrature que ce fût.

Bans la suite des temps, lorsque les plébéiens eurent tellement abaissé les patriciens que cette distinction de famille devint vaine '^ et que les unes et les autres furent indifféremment élevées aux honneurs, il y eut de nouvelles disputes entre le bas peuple, agité par ses tribuns , et les principales familles patriciennes ou plébéiennes , qu'on appela les nobles , et qui avoient pour elles le sénat qui en étoit composé. Mais, comme les mœurs anciennes n'étoient plus , que des particuliers avoient des richesses immenses , et qu'il est impossible que les richesses ne donnent du pouvoir, les nobles résistèrent avec plus de force que les patriciens n'avoient fait : ce qui fut cause de la mort des Gracches et de plusieurs de ceux qui travaillèrent sur leur plan *•

Il faut que je parle d'une magistrature qui contribua beaucoup à maintenir le gouvernement de Rome : ce fut celle des censeurs. Ils feisoient le dénombrement du peuple ; et de plus , comme la force de la république consistoit dans la discipline , l'austérité des mœurs, et l'obervation constante de certaines coutumes, ils corrigeoient les abus que la loi n'avoit pas prévus, ou que le magistrat ordinaire ne pouvoit pas punir ^ Il y a de mauvais exemples qui

■ont leqoel il avoit combattu. Il oblenoil le droit d'élire des plébéiens, et il élitoii des patriciens. Il fut obligé de se lier les mains , en établissant qu'ilyauroit toujours un consul plébéien': aussi les ramilles plébéiennes qui entrèrent dans les charges y Turent-elles ensuite continuellement portées; et quand le peuple éleva aux honneurs quelque homme de néant comme Yarron et Marias, ce fut une espèce de victoire qu'il remporta sur loi-même.

4. Les patriciens, pour se défendre, avoient eoutume de créer un âic-> talear : ce qui leur réusslssoit admirablement bien ; mais les plébéiens, ayant obtenu de pouvoir être élus consuls, purent aussi être élus diciateun; ce qui déconcerta les patriciens. Yoy. dans Tile Live, liv. VI II, cliap. su, comment Publilivs Philo les abaissa dans sa dictature : il fit trois lois qui leur tarent très-préjudiciables.

S> Les patriciens ne conservèrent que quelques sacerdoces, et le droit de créer un magistral qu'on appeloit entre-roi.

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